Aujourd’hui, je vais m’attaquer à un géant du cinéma : le film de James Cameron : Titanic !

Puisque j’étais relativement jeune lors de la sortie au cinéma (début 1998) de ce phénomène mondial, je n’avais pas fait exception à la règle, et m’était rendu dans les salles obscures pour le découvrir.

Pour replacer dans le contexte, un film si long au cinéma était très rare (depuis Peter Jackson est passé par là et a imposé de nouveaux standards de durée) et je me souviens même que les tarifs des places avaient été augmentés pour l’occasion.

Le Synopsis :

Le 10 avril 1912, le “Titanic” appareille pour son voyage inaugural. Il est à l’époque le bateau le plus grand, le plus luxueux et le plus moderne du monde. Réputé pour son insubmersibilité, il heurte un Iceberg au large de Terre-Neuve qui causera sa fin emportant avec lui environ 1500 passagers.

Monté à bord par chance, un jeune irlandais spontané va entrer dans la vie d’une jeune bourgeoise, remettant en cause son futur.

Ma critique du film :

Au risque d’en surprendre quelques-uns, la richesse de ce magnifique film ne tient pas pour moi à l’histoire d’amour entre RoseDeWitt Bukater (Kate Winslet) et Jack Dawson (Léonardo DiCaprio). Bien que cela ne gâche rien, le film parle avant tout du Titanic et de ce drame qui aura servi de mise en garde pour les générations futures.

Tout d’abord, l’exposition est très longue : pas loin de deux heures de films avant que le Titanic ne heurte l’iceberg ! Cela permet de placer les personnages, mais surtout de montrer une grande partie du paquebot : des ponts inférieurs aux ponts les plus luxueux — sans oublier le paquebot à l’heure actuelle, toujours présent sous l’eau. La montée sociale de Jack n’est à mon avis qu’un prétexte pour montrer la splendeur du bateau à travers des images magnifiques, de même que la scène de course poursuite dans les machineries —il fallait bien montrer un peu plus ces pauvres machinistes.

En outre, bien que l’action reste centrée sur les deux héros, il y a clairement un nombre important de rôles secondaires qui font la richesse du film, on pense par exemple à Molly Brown (Kathy Bates) ou Ruth DeWitt Bukater (Frances Fisher), mais également le Capitaine Edward J. Smith (Bernard Hill) et Thomas Andrews (Victor Garber) ou encore les musiciens (j’ai cherché leurs noms dans la liste de casting …). Tous ces personnages permettent d’ajouter des réactions humaines différentes auxquelles chacun peut s’identifier.

En conclusion, la richesse du film tient pour moi à sa fidélité à l’histoire et à sa manière d’humaniser les relations humaines entre les personnages. Le drame est ressenti par le spectateur qui trouvera forcément son compte quelque part.

Bien que je ne regrette personnellement pas la longueur du film, je comprends que les amateurs de films d’action, étant venu voir un bateau couler et de nombreux morts, trouvent un peu long le film dans son ensemble.

Les costumes par Deborah L. Scoot :

Les costumes ont évidemment une part très importante dans cette exposition du Titanic de haut en bas, car la classe sociale est visible principalement par l’habillement.

Je ne pourrai évidemment pas regarder en détail chacun des costumes vus dans ce film, même en ne m’arrêtant qu’aux rôles principaux, car le travail est titanesque. Je ferai donc quelques zooms sur mes favoris.

  • La robe de l’arrivée de Rose :

C’est une des plus belles robes du film selon moi. C’est également l’exposition du personnage de Rose. Ils ont choisi une robe de voyage très typée de l’époque avec un grand chapeau, qui n’est pas sans rappeler My Fair Lady dans l’allure qu’il donne à Kate Winslet.

Tout dans le personnage doit inspirer l’élégance et créer un décalage avec le personnage de Jack Dawson.

Les détails sont là : la cravate, symbole de style et modernité d’une jeune femme qui cherche à s’émanciper, est néanmoins discrète. Le chapeau démesuré montre la démesure du luxe, du bateau, et de sa vie par rapport à ses aspirations et les gants sont d’un raffinement qui ne peut que jurer avec le bar dans lequel le plan suivant nous plonge.

Tout est calculé et engoncé, à l’image du personnage qui se sent prisonnière, comme elle le dit si bien : “Extérieurement, j’étais tout ce que doit être une jeune fille bien élevée. Intérieurement, je hurlais.”

  • La tenue de Jack à sa montée sur le bateau :

Titanic - 2- Jack arrivée.png

Pour Jack Dawson, le costume évoque l’inverse : la liberté du migrant qui va enfin vivre son rêve américain. Peu soigner, avec une veste trop grande, des bretelles pour tenir un pantalon probablement également un peu grand, la chemise à moitié sortie. Les matières sont plus grossières, on l’imagine immédiatement tout l’opposé de Rose : pauvre et libre.

Un petit regret, la patine est présente, mais un peu légère pour donner réellement du vécu au costume.

  • L’uniforme du capitaine :

Dans le cadre de l’uniforme, on entre dans des standards qu’il est difficile d’éviter : galons, décorations, casquettes. Je tenais néanmoins à noter la qualité apparente du costume.

Et pour le coup, la patine absente n’est pas gênante : le costume est neuf, comme le Titanic.

  • La robe rouge et noire de Rose à la rencontre avec Jack :

C’est la robe que tout le monde aura retenue du film : on en voit bien les détails puisque la scène dure relativement longtemps et que la robe est elle-même un accessoire de jeu (puisque c’est la robe qui va la faire tomber).

Les détails sont impressionnants : d’une coupe très simple à l’origine, c’est la dentelle, les galons et le tulle brodé de perles qui donnent à la robe sa subtilité.

Sans vouloir dire de bêtise, il me semble avoir vu dans les bonus du film que toutes les perles avaient été cousues à la main, selon les techniques de l’époque pour plus d’authenticité.

Quel travail.

  • Les dessous de Rose et la scène du corset :

Il y a trois moments du film où Rose est en “dessous”. Dans cette première scène où Cal lui offre le bijou, elle semble être en sorte de déshabillé. On ne voit que peu ce costume, mais les détails de dentelles de coton sont déjà visibles.

Le deuxième costume est le déshabillé qu’elle porte avant de réellement se déshabiller pour Jack pour qu’il puisse la dessiner. Ici, on reconnait des influences orientales, à la Paul Poiret. Monsieur Poiret étant un des symboles de la femme libérée, sans corset et sans obligation (ne nous emballons pas trop, nous sommes encore tôt dans le XXème siècle, tout de même, ce n’était que le début), la référence est très forte dans cette scène où elle se présente à nu (dans tous les sens du terme).

Pour finir, la scène la plus marquante est celle où la mère de Rose lui fait la morale en lui laçant son corset. On retrouve ici un corset typique des années 1910, assez droit (la ligne en S avait déjà pratiquement disparue), et très plat devant avec un corset qui contraint les hanches jusque bas et empêche le mouvement.

On devine également la chemisette qu’elle porte au-dessous, en coton, pour éviter que le corset de lui fasse mal.

  • La robe du naufrage de Rose :

Pour cette dernière robe en détail de Rose, j’ai choisi la robe que nous voyons le plus puisqu’elle la met dans toute la dernière partie du film (comment ça elle n’a pas pris le temps de se changer pendant le naufrage ? Ah, mais non, c’est bon, elle avait eu le temps juste avant grâce au fameux dessin).

La costumière a choisi une robe très simple, plus simple que les précédentes. Plus légère, elle semble également plus pratique pour nager, courir, sauter … et même se déshabiller dans une voiture. Outre le côté pratique, il existe deux autres aspects : esthétique, car un tissu léger montrera mieux le corps de l’actrice et changera joliment d’aspect dans l’eau ; mais également scénaristique : Rose a décidé de s’affranchir de ses contraintes et porte donc une robe sans fioriture, dans un style plus romantique, tout en gardant une grâce naturelle.

Le manteau qu’elle porte dès que Cal est présent montre d’ailleurs bien ce contraste : le manteau est lourd. Avec lui, elle est beaucoup moins libre et est constamment rappelée de son statut et ses obligations.

  • Les gilets de sauvetage et autres détails scénaristiques :

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Dans cette partie, j’ajouterais les mécaniciens. Si je regrettais un léger manque de patine sur Jack Dawson, il n’en est rien lorsqu’on arrive dans les machines avec ses hommes qui travaillent dur dans la chaleur, l’huile et le charbon. Rien qu’à les voir, on sent l’odeur de la transpiration et de la crasse. Le maquillage y est évidemment pour beaucoup également …

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Pour finir sur les autres personnages, je tenais à dire également que j’aime beaucoup l’utilisation faite des gilets de sauvetage. Bien qu’inévitables, ils ont permis de créer des contrastes entre les personnes pragmatiques et les personnes pour qui la classe sociale et le style vestimentaire passent avant tout. Ce sont ces détails qui font du film une oeuvre réaliste selon moi.

  • Les autres tenues de Rose :

Et parce que tout de même le travail sur les robes de la jeune fille est tellement impressionnant (et en quatre jours, elle en a des tenues !) que je voulais finir sur d’autres photos

Pour aller plus loin :

Un peu de lecture :

Suite au buzz créé par la sortie du film, de nombreux éditeurs se sont emparés de l’histoire, avec plus de ou moins de réussite. Mais si vous êtes passionnés par l’histoire du bateau (et non pas Rose et Jack uniquement), je vous conseille Les enfants du Titanic, d’Élisabeth Bouillon (ici sur Amazon).

Des patrons pour cosplayer : (les patrons sont des inspirations ou bases qu’il faut modifier pour obtenir le costume final ; la liste est non exhaustive)

Femme :

Homme : Tenue complète

Acheter le film

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