Aujourd’hui, je change de genre. J’ai décidé de parler des costumes d’un film que j’aime particulièrement, il s’agit de Bliss, de Drew Barrymore.

Le Synopsis

Bliss (Ellen Page) est une jeune fille issue d’une famille modeste et vivant dans une petite ville. Poussée par sa mère à enchaîner les concours de beauté, elle sent bien que sa passion est ailleurs. C’est en découvrant le roller derby, un sport assez violent et peu reconnu, que Bliss va trouver sa voix, au grand désespoir de sa mère.

Ma critique du film

 

Pour moi, ce premier film de Drew Barrymore en tant que réalisatrice est un très bon film. Avec un casting réussi, notamment grâce à la présence discrète de Drew Barrymore elle-même, mais surtout grâce à la très talentueuse Ellen Page, ce film est un savant mélange de questionnement sur l’identité, de rire bien placé, de bons sentiments à l’américaine, d’action et de sport.

C’est donc à mon goût un film dans lequel il est impossible de s’ennuyer.

Le “voyage” initiatique de Bliss au cours du film permet des questionnements sérieux sur l’identité de quelqu’un et fait appel à la part rebelle de tout un chacun.

Les décors (par Meg Everist) et les costumes, accompagnement parfaitement le film en créant des ambiances et en soulignant les situations.

Les costumes de Catherine Marie Thomas

Ce qui m’intéresse particulièrement dans ce film est le choix de créer des contrastes. Ici, pas question de costumes historiques, puisque l’histoire se situe de nos jours. La différence a donc été créée sur la “classe sociale” et l’importance donnée par les personnages aux vêtements.

Plutôt qu’un ordre chronologique dans le film, j’aborderais un ordre thématique en rassemblant les costumes en quatre grandes catégories.

  • Bliss

Bliss étant le personnage principal, il me paraissait évident qu’elle ait une catégorie à part entière …

Bliss est une jeune fille assez indépendante, qui est amenée malgré elle dans un univers qui ne lui convient pas : les concours de beauté.

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Le contraste de ce personnage tient donc entre les scènes où sa mère l’habille, pour ses concours, et les scènes où elle-même “choisit” ses vêtements. Et effectivement, le verbe «choisir» est presque exagéré. En effet, Bliss semble toujours affublée de vêtements non coordonnés, comme si ce qu’elle portait l’importait peu et qu’elle prenait systématiquement ce qui lui tombait sous la main sans regarder.

Issue d’une famille où l’apparence peut ouvrir des portes, elle démontre son détachement à ce monde futile et préfère montrer son intelligence.

La première mise en contexte de Bliss arrive dès les premières images. Elle doit participer à un concours, mais trouve plus important d’honorer un pari qui l’oblige à se teindre les cheveux en bleu. Immédiatement, elle se distingue des autres jeunes filles par un look inapproprié pour l’occasion. Néanmoins, puisque Bliss reste une personne réfléchie, son discours est cohérent, et plus recherché que ses précédentes concurrentes.

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Dès qu’elle ressort du concours, elle remet une tenue confortable et qui lui correspond mieux.

Par la suite, l’intégralité du film s’articule autour des trois univers :

  • Les tenues de concours, où Bliss parait toujours mal à l’aise

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  • Ses tenues de tous les jours (y compris son tablier de travail) où son manque de cohérence marque presque un manque d’identité
  • Ses tenues de roller derby, où l’identité individuelle s’affirme au milieu du groupe

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  • La famille de Bliss

La famille de l’héroïne est le cliché même de la famille américaine moyenne. Couple marié jeune avec deux enfants, ils vivent dans une jolie maison qu’ils peuvent se permettre uniquement parce qu’ils ont emménagé dans une petite ville.

La mère n’est pas femme au foyer, faute de moyens, mais travaille en tant que factrice, métier qui ne lui plait visiblement guère. Elle rêve à de meilleurs horizons pour ses filles, et c’est pourquoi elle les pousse à s’élever par le biais de concours.

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Quant au père de Bliss, il semble travailler à domicile, mais est plus intéressé par le sport d’une manière générale que par son travail ; et encore moins par les concours de beauté de ses filles, qu’il soutient de loin, sans s’y rendre. Quand la passion de Bliss est découverte, il s’éprend d’affection pour ce sport qui le console du fait de n’avoir pas eu de fils pour partager sa passion première.

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Pour finir, la petite soeur de Bliss est assez effacée dans le film, mais il est relativement évident qu’elle suit le modèle de sa grande soeur. Tant que Bliss fait des concours de beauté, elle en fait également (et avec plus de succès), mais à partir du moment où sa grande soeur impose un nouveau style, elle est ravie de le suivre. Cela dit, l’histoire ne dit pas si elle-même va changer de monde complètement, ou si cet élément déclencheur va lui permettre plus facilement de s’affirmer comme une personne indépendante et faisant elle aussi ses propres choix.

C’est visiblement de son père que Bliss est le plus proche, néanmoins, plutôt que de complètement se détacher de sa mère, qu’elle a parfois du mal à comprendre, elle comprend qu’elle a besoin d’elle et sait se montrer proche et compréhensive, tout en ne changeant pas d’opinion.

Les costumes des scènes où ils sont ensemble montrent chacun leur personnalité :

  • La mère qui base ses vêtements sur l’apparence avant tout
  • Le père pour qui l’apparence n’est pas importante et qui met le même type de vêtements tous les jours, sauf quand il veut faire un effort pour sa fille
  • La soeur, influençable et qui est contente d’être dans un contexte proche de celui de sa grande soeur

 

  • Le monde des concours de beauté

Les concours sont les scènes du film qui sont le plus en contraste avec le roller derby. En effet, l’ambiance des concours est au blanc, avec des pointes de couleurs pastels, l’ambiance est calme, réservée, et tout se joue sur de l’individualisme caché.

Le film est tourné de telle manière que l’on ressent le choc à l’arrivée de Bliss et ses cheveux bleus, de même que l’on voit le contraste avec les filles du roller Derby quand elles viennent chercher Bliss à la fin.

Toutes ses scènes tournent autour de l’apparence : d’où vient la robe, la jeune fille est-elle prête, il faut porter des lentilles et des appareils dentaires pour faire bonne impression, etc.

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La scène du départ de Bliss m’a particulièrement marquée, car il y est inséré une forme de tolérance. En effet, Bliss, qui ne comprend pas spécialement l’intérêt pour elle de passer des concours, comprend néanmoins que ce soit important pour certaines filles lorsqu’elle donne sa robe à la jeune fille qui n’a pas la même chance qu’elle.

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  • Le monde du roller Derby

Et pour finir, j’aborderai donc les costumes du roller Derby. Indéniablement, la partie la plus haute en couleurs (dans tous les sens du terme) du film, les costumes ont visiblement été étudiés pour ressortir, que ce soit par rapport au reste du film, ou au public, par exemple.

Ce qui est particulièrement notoire est qu’il y a deux types de costumes :

  • les tenues de tous les jours des joueuses
  • et les “uniformes” de Derby

Sur cette première catégorie, l’accent est mis sur la diversité. Les filles qui participent viennent visiblement de tous les horizons et ont chacune une identité propre, visible notamment à travers leur style vestimentaire, mais également grâce à des coiffures ou des tatouages.

Mais la catégorie “uniforme” est encore plus surprenante. En effet, à première vue, les tenues sont faites pour distinguer les équipes les unes des autres de manière à ce qu’elles soient reconnaissables de loin, dans une mêlée par exemple, comme tout sport d’équipe a priori.

Néanmoins, en y regardant de plus près, chaque uniforme n’est semblable à son voisin que par la couleur. Chaque fille a sa propre tenue, différente des autres, y compris en ce qui concerne les pièces de vêtement. Certaines sont en t-shirt, d’autres en veste ou en gilet ; certaines ont des jupes et d’autres des shorts. Les casques sont les mêmes et participent à l’impression de groupe, mais clairement, même dans l’uniforme, le roller Derby est un sport “personnel”.

Néanmoins si je parle de “personnel”, le mot est sans doute mal choisi. En effet, de ces scènes dans le monde du roller Derby où chacune conserve un affichage de sa personnalité, se dégage également une impression différente de l’individualisme des scènes de concours. L’idée ici est à l’acceptation, à l’impression de fratrie et l’on comprend assez vite l’attirance de Bliss pour ce monde beaucoup plus chaleureux et accueillant malgré les différences de chacun.

Pour finir, j’ajouterais une petite parenthèse sur le rôle de Drew Barrymore, qui a su garder un rôle discret dans le film, et qui n’a visiblement pas peur du ridicule. Le rôle en est par conséquent réussi avec des pointes d’humour qui allège le film considérablement selon moi.

 

Pour aller plus loin :

Quelques articles à lire :

Compléter votre médiathèque :

Des patrons pour cosplayer : (les patrons sont des inspirations ou bases qu’il faut modifier pour obtenir le costume final ; la liste est non exhaustive)

Pour ce film, les patrons sont un plus, mais pas réellement nécessaires. Vous pouvez faire la tenue d’une des filles, par exemple, mais dans un sens, mieux vaut sûrement faire la vôtre, qui corresponde à votre personnalité, avec des vêtements chinés à droite et à gauche

 

La parole est à vous :

  • Qu’avez-vous pensé du film ?
  • Aviez-vous vu les différences de costumes dans les équipes ?
  • Que pensez-vous des fameux concours de beauté ?
  • Avez-vous d’autres liens à donner concernant cet article ?

Dites-moi tout en commentaire …

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