Aujourd’hui, je sors du cinéma et revient dans le monde réel pour parler la comédie musicale Cats, que j’ai eu la chance d’aller voir au théâtre Mogador.

Un peu d’histoire

Cats est une comédie musicale composée en 1979 par Andrew Lloyd Webber d’après des poèmes de T. S. Eliot. Elle détient le record de la comédie musicale ayant la plus longue période de représentation au West End et à Broadway. Le spectacle a été représenté dans plus de trois cents villes attirant plus de cinquante millions d’auditeurs. Elle est actuellement traduite en onze langues.

La comédie musicale à succès a été immortalisée dans une représentation filmée en 1998 à l’Adelphi Theatre de Londres.

Elle fait l’objet depuis la rentrée 2015, d’une nouvelle version, française cette fois-ci, à Paris, au théâtre Mogador, qui ne cesse d’être prolongé grâce à son succès. L’équipe qui monte ce spectacle est entre autres composée du metteur en scène Trevor Nunn, de la chorégraphe et metteur en scène associée Gillian Lynne, et du scénographe John Napier.

L’histoire

Une fois par an au cours d’une nuit extraordinaire, les Jellicle Cats (ces chats qui dansent et chantent) se réunissent pour un grand bal. Le Vieux Deuteronome, le sage de la tribu, choisit celui qui pourra entrer au paradis des chats pour renaître dans une nouvelle vie de chat.

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Ma critique du spectacle

J’ai toujours trouvé que le résumé de l’histoire ne faisait pas rêver … et en effet, la beauté de cette comédie musicale ne réside pas dans son scénario.

Le contexte de l’histoire n’est plus ou moins qu’une excuse pour entrer dans le monde des chats “Jellicle”. En effet, après une longue explication de l’exposition dans une chanson unique, le spectacle est en réalité un enchaînement de saynètes qui présentent les personnages principaux dans toutes leurs originalités : les chats conducteurs de train, les chats superhéros et les chats voleurs, tout y passe.

Sur la trame de fond qui est cette sélection pour une renaissance des chats, les mini prestations s’enchaînent avec chacune un thème. La seule exception à la règle est l’apparition de Grizabella, la vieille chatte qui n’est plus que l’ombre d’elle même, et qui est rejetée par la société. Elle erre dans les scènes, créant un lien avec l’histoire pour finalement être celle qui va être choisie pour être “ressuscitée”. Ce personnage est d’ailleurs le plus charismatique du spectacle, et le choix de Prisca Demarez à Mogador ne fait qu’ajouter de la profondeur à Grizabella.

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Néanmoins, si ce manque d’histoire dans la comédie musicale peut être un peu perturbant, ce n’est pas réellement pour cela qu’il faut aller voir Cats. Je donnerai donc trois arguments qui pour moi sont les raisons de se rendre au théâtre Mogador en courant :

  • Les chorégraphies :

Si l’histoire n’est qu’un prétexte, c’est le contexte qui est important ici : nous sommes au royaume des chats. Et le résultat de ce spectacle est un ensemble félin harmonieux. Les chorégraphies sont étudiées pour qu’on oublie les visages, et qu’on y retrouve les gestes de notre animal de compagnie favoris.

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J’ajouterai même que les “personnages” peuvent nous rappeler certains comportements de ces chères boules de poils. Je pense notamment au chenapan qui fait tomber le vase et prend un air innocent pour éviter d’être accusé, ou encore au compagnon du chef de train qui est persuadé que le train est incapable de partir s’il n’a pas lui-même donné le signal du départ.

  • Les costumes et les maquillages :

Évidemment lorsqu’on parle d’humains “déguisés” en chat, les costumes ont leur importance. Vêtus de justaucorps couverts de poils, coiffés et maquillés, l’intégralité des danseurs est grimée pour plonger le spectateur dans un univers de fourrures.

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Il faut noter que chacun des costumes est unique et ne ressemble à aucun autre. Chaque chat a sa personnalité, même ceux qui font uniquement partie de l’ensemble et n’ont pas de rôle à part entière.

Notons également que ce sont les danseurs qui se maquillent eux-mêmes avant le spectacle. Formés par des maquilleuses professionnelles, ils ont chacun appris les particularités de leurs personnages et sont quasiment autonomes.

  • Les décors :

Le décor de Cats est la partie qui peut prêter le plus à interprétations en partant de l’oeuvre originale, car si les chorégraphies et les costumes ont un standard défini, les décors semblent plus libres, seuls quelques accessoires indispensables sont prévus.

Ici, le scénographe John Napier nous emmène dans une décharge aux dimensions gigantesques … nous ramenant nous-mêmes à la taille de chats. Des ampoules géantes diffusent une lumière douce lorsque l’on s’installe dans la salle et la scène sans rideau se dévoile à nos yeux qui s’habituent peu à peu à l’obscurité ambiante et l’on découvre une scénagoraphie pleine de détails.

À cela j’opposerais néanmoins quelques réserves :

  • Le français :

Je sais que nous sommes en France et j’aime beaucoup ma langue, mais j’ai tendance à penser qu’une oeuvre devrait rester dans sa version originale. Moi qui connaissais la comédie musicale filmée de 1998 presque par coeur, j’ai été quelque peu frustrée de ne pas retrouver les paroles de mon enfance dans cette traduction. J’ai eu l’impression de perdre un peu de la magie du spectacle.

À cela s’ajoute le fait que certains des acteurs principaux ne sont visiblement pas francophones et que certaines phrases semblaient prononcées phonétiquement, ce qui les rendait relativement incompréhensibles.

  • Le Rum Tum Tugger :

Le personnage du Rum Tum Tugger était un de mes personnages préférés dans la version de 1998. Ce chat qui ne veut jamais ce qu’il a mais cherche toujours à obtenir par la séduction ce qu’il n’a pas a quelque chose de fascinant selon moi.

Malheureusement dans la version de Mogador, ce chat rockeur et svelte a été remplacé par une version rappeur, presque banlieusarde, qui le dénature et fait de lui le personnage qui ressemble le moins à un chat … alors même que le Rum Tum Tugger est le chat par excellence !

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Je n’ai pas compris cette transformation, même la chanson a été modifiée et réécrite.

  • La longueur de certaines saynètes :

J’avais un souvenir de Cats en vidéo qui était d’un enchaînement de saynètes qui trainaient en longueur vers la fin, et la comédie musicale m’a par conséquent paru plus courte que ce que j’imaginais. Néanmoins, certaines scènes restent trop longues et on s’y perd, alors que la majorité de la comédie musicale est rythmée et avec des numéros qui s’enchaînent rapidement.

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En conclusion, je recommanderai fortement ce spectacle qui est de très bonne qualité, même si pour ma part, j’irai probablement le voir à Londres à la première occasion que j’aurai.

Pour aller plus loin :

Quelques articles à lire :

Et pour finir, achetez vos billets !

Compléter votre médiathèque :

Des patrons pour cosplayer : (les patrons sont des inspirations ou bases qu’il faut modifier pour obtenir le costume final ; la liste est non exhaustive)

Il va falloir ensuite trouver les bons tissus … et beaucoup d’imagination et d’ingéniosité.

La parole est à vous :

  • Avez-vous vu ou allez-vous voir la comédie musicale ?
  • Pensez-vous qu’un spectacle à l’origine en langue étrangère doit être traduit en France ?
  • Quel est votre chat préféré dans Cats ?
  • Avez-vous d’autres liens à donner concernant cet article ?

Dites-moi tout en commentaire …

 

 

 

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