Aujourd’hui, nous partons dans la science-fiction avec La cité de l’ombre, un film de Gil Kenan.

Le Synopsis

Depuis plusieurs générations, le peuple de la Cité de l’ombre vit dans un monde au ciel électrique, sous terre. Mais lorsque le générateur commence à rendre l’âme, il est temps de trouver une nouvelle solution.

Ma critique du film

Ce film d’un genre de science-fiction post-apocalyptique m’a beaucoup plu, tant par son travail sur les couleurs, sur l’ambiance que par l’histoire qu’il déroule. Pour une fois, il n’y a pas d’histoire d’amour, ce qui m’avait paru appréciable, mais de plus fortes notions de famille, d’amitié et d’appartenance.

Puisque l’univers est post-apocalyptique, les costumes sont peu nombreux (dans le sens que chaque personne se contente d’un ou deux costumes), mais en revanche très travaillés. Le style est très défini et travaillé de concert avec les décors pour un genre “de bric et de broc” où chaque élément a son importance, mais peut également venir de n’importe où.

D’une manière générale, le tissu a une place particulière dans le décor et les accessoires comme quelque chose qui lie, qui conserve qui crée. Et effectivement, la logique veut qu’après plusieurs siècles, ce soient les sacs en tissus qui aient résisté, et non pas les sacs en papier, par exemple. De la même manière, certains toits sont en tissus, probablement parce que la matière est plus malléable et plus facilement fabriquable que du métal ou du bois.

Pour finir, j’ajouterai que c’est dans ce film que j’ai découvert Saoirse Ronan, dans le rôle de Lina Mayfleet, et que j’ai particulièrement apprécié depuis dans Lonely Bones et Les âmes vagabondes.

 

Les costumes de Ruth Myers

Les personnages sont très liés les uns aux autres, et par conséquent je les traiterai par groupes :

  • Les fondateurs

Cette première scène du film pose la fondation du film et sa clé. Peu de mystère est créé par le suspens d’une manière générale puisque la fin est très prévisible, mais pour moi la question n’est pas ce qu’ils vont faire, mais comment et pourquoi.

Les costumes des fondateurs sont très uniformes : d’un bleu électrique de vêtement de travail, mais dans une forme qui rappelle plus un uniforme, les personnes de la pièce sont visiblement représentées égales entre elles. Aucun n’est plus responsable de la décision que les autres et ils représentent l’humanité actuelle, l’accord commun sur la décision à prendre, hommes et femmes.

  • Les habitants

La transition avec la suite du film est très belle, avec ce passage de boîte de mains en mains, de maire en maire, avec une légère évolution dans les costumes et notamment dans leur patine et dans celle de la boîte.

Par la suite, et malgré beaucoup de figurants, nous voyons de près assez peu de costumes de près malheureusement. Néanmoins, cela est suffisant pour créer une impression générale qui plonge immédiatement le spectateur dans ce monde post-apocalyptique. Les costumes ont pour la plupart des couleurs passées pour le quotidien, car ils sont usés, troués, réparés et rafistolés et ils ont été lavés et relavés. Il y a beaucoup de choses en mailles pour un côté fait main.

C’est notamment visible dans les vêtements des enfants lors de la cérémonie où ils se voient remettre un métier. Dans cette scène, les foulards jaunes qu’ils portent sur leurs uniformes, associés au “poème” qu’ils récitent, leur donnent des allures de scouts, ou de manière plus extrêmes, de jeunesses entraînées dans le cadre d’un régime totalitaire.

Plus tard nous découvrons les bords de la ville, qui sont dans la nuit : si le reste des personnages nous paraissaient salis, l’homme qui sort des ténèbres après un périple pour essayer de quitter la ville donne le sentiment de sortir d’une décharge. Son costume est d’autant plus taché, noirci, abimé.

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À l’opposé de cet homme qui a cherché à braver l’inconnu, nous avons un groupe de personnes convaincues par le système et qui participent à son éloge en chantant. Leurs costumes sont unis bleus, mais de bleus différents, plus ou moins délavés, et ressemblent moins à un accumula de pièces diverses que le reste de la foule. Aucune mention de religion n’est faite dans le film, mais ce groupe aux allures de troupe gospel est le plus proche d’une chorale d’église que l’on puisse faire sans la nommer.

Lorsque Lina rencontre le médecin de sa grand-mère, nous pouvons voir que les vêtements semblent retournés, comme une technique qui peut permettre d’user plus longtemps le vêtement avant de devoir le jeter.

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La police, quant à elle, a une allure étrange avec ses protections mal ajustées en cuir. Cette espèce de gilet pare-balle donne un côté à la fois imposant et en même temps décalé à la figure de l’autorité. Dans leurs cas aussi les costumes sont très usés et patinés.

  • Le maire et l’autorité :

Puisque le maire est finalement le “grand” méchant de l’histoire, il a effectivement une importance, et son costume également.

Habillé de la même manière du début à la fin, il est vêtu par-dessus une certaine corpulence, d’une tenue qui se rapproche d’une tenue d’apparat, mais encore une fois vieillie à l’extrême. Notons qu’elle est trop petite pour son tour de taille, ce qui met l’emphase sur le décalage entre la privation du peuple, et l’excès du maire.

Son gros collier en maille lourde lui donne un côté officiel imposant, mais que rien d’autre dans son allure ne soutient réellement.

La mairie est un bâtiment qui, bien qu’un peu délabré, est néanmoins encore chic, bien entretenu et il s’en dégage une impression de pouvoir.

Finalement son vrai visage est révélé lorsque Lina et Doon le trouvent dans son bateau, endormi tout habillé. Mais le peuple ne le voit pas ainsi, et il apparait toujours aux foules comme une figure d’autorité, toujours en hauteur par rapport à eux, au même titre qu’il est dédaignant de leur vie.

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  • Doon Harrow et son père

Bien que Lina semble être l’héroïne du film, de par ses origines et ses décisions, c’est Doon que nous découvrons en premier. C’est un jeune homme simple et qui cherche à tout pris à s’éloigner des folies qu’ils trouvent inutiles de son père. Il veut se rendre utile, il est pragmatique. Il est habillé simplement, dans des couleurs sombres, différentes de son père. Celui-ci à un vêtement plus compliqué, plus rapiécé, et qui ressemble plus aux inventions qui l’entourent.

Néanmoins, à la première coupure électrique, le noir les rassemble, aussi bien physiquement dans la scène, que dans les couleurs de leurs vêtements, qui deviennent immédiatement assortis et lorsque la lumière se rallume, le gilet que Doon porte et que l’on voit mieux de dos semble presque de la même couleur que la veste de son père.

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Doon est quelqu’un de curieux qui va chercher toujours des réponses, comme lorsque croise ce gros bourdon dans la fontaine. Il ne se contente pas de ce qu’il a, il cherche à savoir ce qu’il y a d’autre, et cela passe notamment par de la connaissance. À cela s’ajoute ce côté désabusé qu’il présente, qui explique pour moi ses tenues sombres.

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Même lorsqu’il va travailler dans les tunnels pour réparer les tuyaux, il n’a pas la tenue complète contrairement à son coéquipier et l’on voir encore son t-shirt sombre sous sa salopette.

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  • Lina Mayfleet

Personnage principal du film de toute évidence, la première impression que nous avons d’elle est d’une jeune fille vive, gentille, mais pas très sérieuse puisqu’elle est en retard à la cérémonie.

Sa première tenue est son uniforme. Lorsqu’elle fait l’échange avec Doon, elle est donc dans les mêmes tons que lui : en ce moment ils sont également déçus de leur résultat au tirage et cherchent à échanger.

Une fois son échange fait, elle peut devenir messager, ce qu’elle a visiblement toujours rêvé d’être. Le lendemain, elle se présente dans un pull multicolore qui semble refléter son humeur, pour recevoir sa coupe rouge vif (une des seules couleurs réellement vives du film) avec fierté.

Je note au passage la mention qui est faite que ce sera à elle d’entretenir son uniforme, avec le sous-entendu que l’objet est précieux.

Une fois sa tenue enfilée, Lina file comme le vent pour accomplir ses missions et au fur et à mesure du film nous réalisons son côté humain vis-à-vis des citoyens de la ville, notamment de son amie Clary.

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Comme Doon, Lina aussi est curieuse, et c’est cela qui va les rapprocher.

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  • Lina et Doon

Lina et Doon sont proches également, et notamment lorsqu’il s’agit de se retrouver dans le noir des coupures électriques, où Doon va rassurer son amie, mais également lorsque Lina encourage le garçon dans ses recherches en lui fournissant des éléments.

Comme je le disais plus haut, il n’y a pas d’histoire amoureuse entre haut, et notamment probablement parce qu’ils sont un peu jeunes, mais leur arrivée à la surface avec la petite soeur de Lina leur donne néanmoins des allures de famille, comme des Adam et Ève d’un nouveau monde.

  • La famille de Lina

La famille de Lina est réduite puisqu’elle a perdu ses parents, mais elle a néanmoins été élevée par une grand-mère qui perd la tête, et élève elle-même sa petite soeur Poppy.

Sa famille excentrique explique quelque peu le caractère de la jeune fille, et permet d’imaginer une ambiance chaleureuse.

Cela est d’autant plus visible lorsque sa grand-mère décède et qu’elle doit aller vivre chez une amie, dont la maison est rangée, propre, sans laine … et tristement bleutée.

Son lien avec sa soeur est très fort, et elle revient la chercher sans hésitation au moment de partir.

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  • La scène finale

La scène de la fin est un nouvel espoir, et les couleurs le laissent w. Les costumes n’ont pas changé, mais la manière dont ils sont éclairés a changé autant que l’éclairage de la situation dans l’histoire.

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Pour aller plus loin :

Quelques articles à lire :

Compléter votre médiathèque :

Des patrons pour cosplayer : (les patrons sont des inspirations ou bases qu’il faut modifier pour obtenir le costume final ; la liste est non exhaustive)

Le film ayant essentiellement des costumes simples, je n’ai pas beaucoup de pistes pour aujourd’hui.

La parole est à vous :

  • Qu’avez-vous pensé du film ?
  • Que pensez-vous du réalisme de la situation ?
  • Le film vous a-t-il donné envie de lire les livres ?
  • Avez-vous d’autres liens à donner concernant cet article ?

Dites-moi tout en commentaire …

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