Aujourd’hui, retombons en enfance avec le film La petite princesse, de Alfonso Cuarón.

Le Synopsis

Après le départ de son père pour la guerre contre les Allemands, Sarah est placée dans un internat à New York. Mais lorsque son père disparait sur le front, la vie de la petite princesse va basculer …

Ma critique du film

Ce film est un de ceux qui ont le plus marqué mon enfance. Je l’ai probablement vu des centaines de fois et toujours avec le même plaisir.

Ce conte “moderne” parle de ses peurs à chaque enfant, en abordant des sujets comme la perte et la mort, ou encore la pauvreté. Mais finalement, tout le film garde un aspect positif majeur qui est presque constamment sous jacent. C’est une bonne leçon de vie qu’il nous apprend par conséquent puisqu’il montre que la vie peut être semée d’embuches. Et bien sûr comme il s’agit d’un film pour enfants, la fin est heureuse pour se finir sur un point positif.

Mais outre l’histoire qui en elle-même est pleine de sagesse, ce qui avait fini de me convaincre était le visuel de ce film qui est très travaillé. En effet, loin de se contenter de l’histoire principale (tirée du livre du même nom), le réalisateur a choisi d’ajouter une dimension différente au film au travers d’un conte que Sarah raconte au fur et à mesure du film et qui se trouve se rapprocher grandement de ce qui lui arrive.

Il y a donc une seconde dimension à l’histoire avec un véritable conte de fées qui appuie l’histoire principale. Et cette deuxième histoire parallèle est située dans un contexte bien différent puisqu’elle est mise en scène comme un conte indien. Les couleurs, les décors et les lumières sont donc très différents et ajoutent une dimension irréelle au conte.

Un film que je conseille donc à toutes les petites filles qui ont rêvé un jour où un autre d’être des princesses et qui, pour les parents, changera de la reine des neiges …

Les costumes de Judianna Makovsky

Sarah est le personnage central, mais elle est rarement seule, voilà pourquoi je ne ferai pas de “chapitre” sur elle, mais j’en parlerai dans les contextes qui l’entourent et définissent sa tenue.

  • L’Inde

Tout d’abord, parlons du début du film, qui ancre Sarah comme étant une petite fille sauvage, élevée à travers des voyages et dans un décor naturel et poétique qui a développé son imagination.

Nous la voyons au début en blanc, dans des vêtements légers de type dessous et en compagnie d’une très belle Indienne habillée en sari.

Plus tard dans l’histoire, elle s’imagine de nouveau en Inde avec Becky, et elles sont de nouveau vêtues toutes les deux de blanc, moins simplement cette fois-ci, mais tout aussi légères.

  • Le capitaine

Le père de Sarah joue un rôle très important dans le film puisqu’il est à la fois l’instigateur du changement qui amène Sarah dans sa nouvelle situation en internat, mais également le moteur de l’histoire au moment de sa disparition et de son retour de mémoire à la fin.

Il est tout d’abord présenté comme un militaire, dans un uniforme aux couleurs du pays qui l’entoure. Son costume le montre comme quelqu’un de rigide, à l’opposé de la petite fille à la robe légère qu’il rassure.

Par la suite, sur le bateau qui les emporte en Amérique, il fait des confidences à sa fille. Il est alors plus proche d’elle et bien que toujours en uniforme, celui-ci a changé de couleur pour devenir blanc comme sa fille.

Une fois arrivés à l’internat de Sarah, il reprend son uniforme marron et sa “rigidité” apparente pour lui dire au revoir, jusqu’au moment de monter dans le fiacre avec casquette et manteau.

9

Viennent ensuite les scènes où le capitaine est à la guerre. Ces scènes, où le costume est le plus réaliste possible, sont en opposition avec la fantaisie du compte.

Et lorsque son père meurt, Sarah doit elle-même s’habiller en noir en se rapprochant de la l’ambiance noire de la guerre dans laquelle son père a disparu.

13

Dans la scène la plus dramatique du film, les retrouvailles de Sarah et son père se passent de nuit, où leurs deux tenues sont rendues similaires par l’éclairage sombre de la scène.

Dans la dernière scène du film, où le bonheur est revenu dans le coeur de Sarah et de son père, les lumières et les costumes sont plus clairs, plus lumineux. Le capitaine a troqué le costume militaire qu’il a porté tout au long du film pour une tenue civile.

16

  • L’internat

Lorsque Sarah découvre sa future demeure, elle est en blanc : innocente et prête à partir à la découverte de ce nouvel univers.

4

Arrivée dans la salle de classe, elle se distingue immédiatement de par sa tenue, qui n’a rien d’un uniforme et par la couleur, qui est beaucoup plus claire que les uniformes de ses camarades.

À table, les uniformes sont accompagnés de tabliers blancs.

5

Sarah a également droit à son uniforme vert : robe avec jupe plissée, ceinture avec boucle, cravate, col Claudine et noeud dans les cheveux, toutes les petites filles sont habillées de la même manière.

Lorsqu’elles sortent, elles ont également des manteaux et chapeaux assortis verts.

Mais le soir, elles sont en chemise de nuit et au final dans un autre type d’uniforme, toutes identiques avec le petit détail des papillotes dans les cheveux qui sont toujours vertes.

Lors de la journée où les parents viennent voir leurs enfants, on remarque beaucoup de tenues sombres, qui s’assortissent facilement aux tenues vertes des jeunes filles. L’ensemble est assez foncé et semble s’accorder à l’état d’esprit de Sarah qui sait que son père ne viendra pas.

9

Une fois la mort de son père annoncée, Sarah doit quitter son uniforme au sens où elle ne fait plus partie des élèves, et se retrouve enfermée dans le grenier de l’école, aux côtés de Becky.

12

Seul souvenir de son père, elle garde un livre et une poupée qui ont des couleurs très vives en contraste de sa tenue noire.

Suite à cela, elle se “transforme” en servante, avec une tenue couverte d’un tablier, et un bonnet pour protéger et cacher ses cheveux. À la place de son manteau, à l’extérieur elle porte un grand châle.

Mais c’est sa rencontre avec la famille aux fleurs qui va lui rendre le sourire et son imagination lorsqu’elle découvre qu’elle n’est pas la plus malheureuse de tous et qu’elle prend sur elle de relativiser sa propre vie.

Pour finir, la scène de fin remontre Sarah et Becky sans uniforme et finalement les deux plus malheureuses se retrouvent ensemble en blanc pour une vie meilleure, saluées par les autres élèves de l’école, portant leurs tabliers pour une couleur plus positive.

  • Les deux soeurs

Amelia Minchin est la plus souriante des deux soeurs, elle porte des vêtements soyeux et souples, moins rigides que sa soeur et dans la première partie du film, d’une couleur vert plus claire mais aussi plus “fade”. Elle est effacée derrière sa soeur et cela se voit dans son costume.

Quant à la directrice de l’école, elle est toujours couverte du cou aux pieds, dans des robes couvrantes et structurées, plus rigides et plus sombres dans les verts qu’elle porte. C’est une femme sinistre, stricte.

Par la suite, Amelia reprend des couleurs dans ses vêtements au fur et à mesure qu’elle reprend le contrôle de sa vie par sa décision de fuir avec son amoureux, le laitier.

Quant à la directrice, elle se retrouve en noir, à travailler comme ramoneuse dans les rues de la ville, loin de son éducation et du statut qu’elle a perdu.

10

  • Becky

Becky est la servante de l’école. Ses tenues sont donc simples et vieillies dès le départ.

Malgré son statut “à part”, Sarah n’hésite pas à cherche à s’en faire une amie dès le début, et elle va d’ailleurs réussir avant même de se retrouver au même niveau social, notamment à travers des attentions spéciales comme les chaussons qu’elle lui offre.

13

Et par conséquent, Becky va être d’un grand réconfort pour Sarah une fois sa déchéance passée. Ensemble, elles vont confronter la réalité en créant un parallèle imaginaire.

Et voyant cela, leur voisin d’immeuble va réaliser leur rêve en leur offrant nourriture et vêtements, comme elles l’avaient imaginé.

  • L’indien d’à côté

L’indien qui vit à côté de l’internat de Sarah est une présence constante du film puisqu’il est sur la bateau qui emmène Sarah et son père dès le début du film. C’est une présence somme toute discrète mais comme immuable et toujours hors du contexte. Il est toujours habillé dans ce qui semble être une tenue traditionnelle indienne, et toujours avec son singe.

Sa présence est toujours surprenante, car relativement inattendue, mais a un côté apaisant de par son sourire et les couleurs de sa tenue. Il semble tout droit sorti du conte indien de la petite Sarah.

24

  • Le conte

Pour finir, regardons les costumes du conte. Les couleurs est les décors des parties “contes” du film sont très vives, rappelant les tableaux indiens que l’on peut trouver. Les tenues semblent traditionnelles, les couleurs vont même jusqu’à la peau des personnages.

Et les décors sont également simples, comme un dessin d’une végétation luxuriante dont il ne resterait que les traits principaux.

28

Ces tableaux indiens sont autant colorés que le reste du film peut être sombre à certains moments, mais aussi proches en terme de couleurs que les moments heureux du film, que ce soit le début en Inde, le festin dans le grenier ou encore la fin heureuse.

 

Pour aller plus loin :

Compléter votre médiathèque :

Des patrons pour cosplayer : (les patrons sont des inspirations ou bases qu’il faut modifier pour obtenir le costume final ; la liste est non exhaustive)

Le film ayant essentiellement des costumes simples, je n’ai pas beaucoup de pistes pour aujourd’hui.

La parole est à vous :

  • Avez-vous vu le film enfant ou adulte ?
  • Avez-vous aimé ce mélange de différentes cultures et visuels ?
  • Le film vous a-t-il donné envie de partager avec des enfants ?
  • Avez-vous d’autres liens à donner concernant cet article ?

Dites-moi tout en commentaire …

Advertisements