Aujourd’hui, plongeons dans la science-fiction avec le film Alien, le huitième passager, de Ridley Scott.

Le Synopsis

Les passagers d’un vaisseau marchand se retrouvent sur une planète inconnue après qu’un message de détresse ait été détecté par le vaisseau. Mais leur mission de sauvetage va vite tourner à l’horreur …

Ma critique du film

N’étant même pas née au moment de sa sortie, Alien est un film que j’ai découvert assez tard, et donc après son temps. Le film avait déjà quelques années, la science-fiction avait énormément évolué (ne serait-ce que dans les séquelles) et pourtant, ce film est un des rares films de science-fiction n’ayant pas réellement vieilli selon moi. Les décors sont assez simples et restent assez plausibles aujourd’hui en comparaison aux images de stations spatiales, les dialogues et personnages restent également crédibles. Et le côté commercial (et non militaire comme c’est le plus souvent le cas dans de la SF) donne un côté moderne au scénario. Finalement, en dehors des ordinateurs (qui avouons-le, ont pris un sacré coup de vieux), c’est les costumes qui font le plus vieillir le film. Car même s’ils sont “futuristes”, il faut reconnaître que les silhouettes qui ressortent et les quelques motifs présents restent assez ancrés dans les années 70, 80.

Néanmoins, une fois cette impression passée d’un petit manque d’actualités dans les costumes, le scénario nous emporte aux côtés de Ripley (interprétée par la talentueuse, et jeune à l’époque, Sigourney Weaver) dans un suspens qui n’a absolument pas vieilli.

Les costumes de John Mollo

 

Ici, je me dois de préciser qu’il m’a fallu aller sur IMDB pour trouver le nom du costumier. En effet, il n’est pas précisé sur Allociné, et le film n’est pas mentionné dans la filmographie du costumier … j’espère donc n’avoir pas écrit de bêtises en mettant son nom …

  • L’introduction

Le film est dans une ambiance très mystérieuse, qui se prête aux tensions, mais dans un sens également très paisible. Je me souviens du slogan “Dans l’espace personne ne vous entendra crier” qui résume bien selon moi l’ambiance à la fois calme et en même temps très isolée du film.

Cette introduction nous met donc immédiatement dans l’ambiance en nous montrant un vaisseau vide, sombre, mais où nous avons l’impression d’être une présence.

Quelques costumes sont dès lors visibles : les casques en face des tableaux de commande, comme des fantômes et qui montre la machine qui contrôle seule, mais également les blouses blanches qui pendent ; elles aussi comme des fantômes, plus classiques cette fois-ci.

  • L’exposition

Mais comme c’est finalement l’erreur humaine combinée à la machine qui va créer l’histoire ici, il fallait tout de même ajouter des humains.

Nous découvrons donc sept humains, dans des capsules alimentées par la machine, et presque nus, comme à leur naissance. Clairement les sous-vêtements ici ne sont pas là pour faire de l’audience … En revanche, cela traduit très bien le côté vulnérable de l’humain, nu et endormi, face à cet immense vaisseau autonome.

Notons ici que nous ne voyons même pas l’héroïne du film : Ripley. Elle est masquée, laissant à chacun le soin de spéculer sur les futurs survivants.

Nous retrouvons nos humains après quelque temps, et ce sont eux qui amènent de la vie au vaisseau. Ils reprennent leurs vies comme s’ils s’étaient endormis la veille, bien qu’un certain temps ce soit écoulé.

Et s’ils étaient tous habillés de manière similaire dans les capsules, leur individualité se montre ici par le vêtement. Nous ne les connaissons pas encore, mais certains se montrent déjà plus décontractés, par le port de t-shirts notamment, tandis que d’autres ont des chemises et paraissent donc immédiatement plus stricts.

La gamme de couleurs globale (et qui va finalement rester tout au long du film la gamme dominante) a un aspect très médical, avec ses tons vert clair, bleus clair et blancs.

Puis, le travail commence, et c’est le capitaine qui endosse en premier un vêtement qui représente son travail : une veste au nom de son vaisseau.

Puis c’est d’autres membres de l’équipe qui se mettent au travail, et les t-shirts ou hauts légers sont recouverts par ses mêmes vestes ou, dans certains cas, des combinaisons. J’ai le sentiment que leur “rang” dans le vaisseau se représente par le côté foncé de leurs vêtements de dessus. Notamment, les deux mécaniciens du vaisseau sont dans des couleurs claires, et avec des tenus moins strictes et contraignantes.

On notera au passage la présence constante du logo de l’entreprise qui les emploie, qui contrairement au reste des costumes ressort par ses couleurs puisqu’elle comprend un arc en ciel. Cela dénote.

On peut également noter la présence de laçages un peu partout : sur les bras, sur les dos et devant sur certains vêtements. Cela ajoute une note assez différente du côté habituellement très lisse des costumes de science-fiction.

  • La rencontre

Une fois leur nouvelle mission déterminée, une partie de l’équipe sort à la rencontre du message SOS qui a été détecté. Ils partent en extérieur avec des costumes de cosmonautes. Ce sont probablement les costumes qui ont le moins vieilli du film, ou en tout cas c’est l’impression qu’ils m’en ont fait. Je noterai tout de même l’exception du bonnet que l’équipe porte sous son casque et qui a réellement un aspect vintage. Autre fait amusant : Kane, qui se fait attaquer par l’alien, porte sous son casque ce même bonnet ; or lorsqu’ils retirent son casque au bloc, le bonnet a disparu. Il aurait sans doute assez compliqué de l’imbriquer dans l’alien de manière cohérente et simple et je pense donc que le faux raccord est voulu.

Et tandis que leurs camarades sont dehors en train de risquer leur vie, nous observons deux personnages restés à bord : Ripley a une attitude de refus (qui nous permet à l’occasion de voir qu’elle porte une combinaison et des baskets blanches), de méfiance, tandis qu’Ash est quant à lui très intéressé … au point d’ouvrir la porte et de laisser entrer le parasite.

Une fois dans le bloc opératoire, le capitaine se prête au jeu du médecin et revêt donc la même blouse que le scientifique : c’est une blouse verte d’hôpital, même si l’ouverture à l’arrière la fait plus ressembler à une blouse de patient.

Le malade quant à lui est dans un body en coton blanc qui le présente comme un élément neutre dans l’histoire. Il est statique : nous ne savons pas dans quel état il est, ni s’il va s’en sortir.

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Le reste de l’équipe est en attente, chacun dans la tenue qui le représente, avec chacun sa manière de gérer le stress.

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Lorsque Ripley va discuter un peu plus longuement avec Ash, nous avons le loisir de mieux observer son costume “quotidien” : il a l’un des costumes les plus complexes du film (après Ripley selon moi). Il porte un sous-vêtement manches longues en coton, sous une chemise bleu clair. Et c’est sa chemise qui est complexe : avec de nombreuses poches, des épaulettes et des rangements sur l’avant qui rappellent des rangements de balles sur un costume militaire. Dans un sens, son costume révèle son rôle : complexe et avec du pouvoir, mais dans une couleur qui semble passer inaperçu.

Quant au capitaine, une fois qu’il a quitté sa blouse d’infirmier, il ne remet pas sa veste : il se rapproche du reste de l’équipe en terme de couleurs. Et pour la scène du petit déjeuner (qui ne se termine pas très bien), tout le monde est sur une gamme de couleur claire : le ton est à la plaisanterie, le dénouement semble être heureux. Jusqu’à ce que …

  • La défense

Une fois qu’il est admis qu’ils sont dans l’espace avec une créature dangereuse, il s’agit évidemment de se défendre. Ripley remet ses couleurs sombres, les scènes semblent globalement moins éclairées, et même Brett met sa veste avec le nom du vaisseau.

Quant au Capitaine Dallas, il prend sur lui d’être la personne qui se met le plus en danger et part donc dans les aérations le plus protégé par son vêtement possible : il a remis toutes ses couches, y compris la fameuse veste.

Ici, je ferai simplement une parenthèse sur le très beau travail de patine qui a été fait sur Ash et les personnes qui le détruisent au moment où il perd littéralement la tête. Le costume est véritablement sali et blanchit de ce liquide laiteux qui n’est pas du sang.

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Notons également que c’est Parker qui se retrouve de plus en plus déshabillé au fur et à mesure que le film avance, avec son t-shirt disloqué et qui ne couvre plus grand-chose.

  • Ripley

Bien que cela ne soit pas évident dès le départ, Ripley se dégage assez rapidement comme le personnage principal du film. C’est également elle qui a le costume le plus contraignant avec sa combinaison complète, dans un genre très militaire.

C’est elle qui a le costume le plus travaillé du film. Et puisqu’on ne voit plus qu’elle pendant les vingt dernières minutes, nous avons donc le temps d’observer celui-ci. Des laçages dans le dos ajustent sa combinaison à la taille, lui donnant une silhouette très marquée des années 80 selon moi, avec une carrure assez masculine.

Les manches retroussées symbolisent pour moi le fait qu’elle n’ait pas peur de mettre les mains dans le cambouis (ou toute autre matière étrange), tout en gardant une tenue qui montre ses formes de femme. C’est une femme qui se dessine comme une battante, finalement plus résistante qu’un homme et pleine de ressources, mais qui sait montrer de la compassion (pour un chat).

  • La fin

Une fois qu’elle réussit à faire exploser le vaisseau et à s’échapper, Ripley croit s’en être sortie. Elle commence donc à se déshabiller, car elle peut de nouveau se montrer vulnérable. Mais l’Alien étant encore avec elle, elle doit se cacher, et trouve donc du réconfort dans une armoire de combinaison : le seul endroit où elle va retrouver une présence à la forme humaine.

Accessoirement, cela lui permet de ne pas rester autant vulnérable, mais de se rhabiller d’une surcouche protectrice pour affronter l’alien dans le dernier combat du film.

Dans la scène de fin, nous sentons que la victoire contre le monstre lui permet d’être à nouveau complètement vulnérable et même plus féminine dans le kimono qu’elle porte. La boucle est bouclée, elle va pouvoir se rendormir (et se remettre à la merci de la machine …).

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