Changeons de registre pour ce “focus costume” avec le film Burlesque de Steven Antin.

Le synopsis du film

Ali (Christina Aguilera) est une jeune femme issue de la campagne décide de se rendre à Los Angeles pour réaliser son rêve et se retrouve embauchée dans un cabaret burlesque tenu par une ancienne danseuse, Tess (Cher).

L’importance du cabaret dans le film

Dès le début du film, l’ambiance est aux strass et aux paillettes sous les feux des projecteurs. Il est évident que c’est l’attirance pour le monde du spectacle et la gloire qui en découle qui est représentée ici.

Tout au long du film, il se dégage une fascination pour les scènes de cabaret : tout d’abord Ali, qui au premier regard tombe sous le charme des danseuses (bien qu’elle croit au début qu’il s’agit d’une boîte de striptease), puis Tess lorsqu’Ali commence à chanter, puis Jack (Cam Gigandet) au fur et à mesure qu’Ali le taquine et pour finir l’intégralité du publique.

La définition du mot “burlesque” signifie extravagant, surprenant, saugrenu et dans certains cas grotesque. Ce mot dans le spectacle est également associé à une forme de comique.

Dans ce film, on est plus dans une esthétique travaillée de cabaret, mais les costumes n’en sont pas moins réussis pour autant.

 

Les costumes de Michael Kaplan

Avant d’entrer dans les détails des scènes, je tiens à préciser que ce qui m’a le plus plu et qui fait partie pour moi de la réussite de ces scènes est que chaque costume est unique. Dans les scènes de groupe, chaque danseuse a un costume qui lui est propre, qui s’associe aux autres, mais la distingue en même temps. C’est en ceci que le film est riche visuellement.

À noter qu’un procédé de travail équivalent a été utilisé sur le film Moulin Rouge pour les scènes de cancan.

Pour reprendre le début du film, c’est effectivement une scène de cabaret toute en paillette qui ouvre le bal. La caméra se concentre sur les détails : chaussures, mains, franges des robes, etc. Et l’ensemble de la scène n’est pas sans rappeler le fameux duo final de Chicago.

Ici les couleurs sont similaires entre les costumes et ce sont les coupes, les décolletés et les bas qui vont individualiser les costumes.

Puis vient la scène qui permet à Ali de découvrir le cabaret. Chaque costume est très différent des autres et le seul fil conducteur entre tous semble être les rayures. Les danseuses portent des bodys, soutiens-gorges, corsets qui dévoient la silhouette sans pour autant trop la déshabiller : nous sommes dans la tentation et non pas dans l’exhibition.

Puis Tess entre en scène et l’attention se concentre sur elle (au point que certains cadrages coupent étrangement les danseuses). Elle porte un body/queue de pie à la silhouette marquée qui la présente à la fois comme Madame Loyal (et la chanson présente les danseuses une à une), et en même temps comme quelqu’un d’un autre temps, qui ne cherche pas à tenter le spectateur de la même manière que les jeunes femmes aux corps dévoilés. Elle surveille, elle explique, c’est la patronne et son costume le montre bien.

Puis vient le retour de la scène aux allures de Chicago, comme pour confirmer au spectateur que c’est bien ici qu’Ali va trouver sa place.

Dans des sous-vêtements noirs et peu couvrants, la chanson suivante joue sur la rivalité entre les danseuses. Les costumes semblent mettre en valeur les attributs des femmes, comme pour expliquer qu’il suffisait d’être une femme pour qu’une jalousie naisse.

Là encore, les costumes sont simples, mais tous différents, et jouent sur des traits et des surépaisseurs pour créer des lignes et des motifs.

La chanson suivante joue cette fois-ci sur des fantasmes : la combinaison moulante noire aux motifs de dentelles de la chanteuse est entourée d’infirmières aux blouses plus transparentes les unes que les autres.

Et on reste dans le fantasme, mais d’un autre genre avec la chanson “tough lover” dans laquelle Christina Aguilera va pouvoir pleinement exprimer sa voix. Ici nous sommes dans une impression plus extrême avec du cuir, des corsets moulants, des bottes montantes  et des casquettes. C’est finalement dans ce costume le plus contraignant qu’elle va se libérer pour montrer son image complète.

Dans le costume suivant, c’est la féminité d’Ali  qui est mise en avant dans un corset blanc et à paillettes. Le corset est contraignant tandis que les plumes lui donnent de la légèreté. La chanson insiste sur la pureté de la jeune fille, et le costume s’accorde donc très bien avec.

Le contraste avec les costumes des autres danseuses est donc flagrant puisqu’elles sont moins brillantes, moins blanches, et on comprend qu’elles ne sont plus là pour former un ensemble, mais bien pour mettre en avant Ali.

Nous voyons ensuite très (trop) rapidement un ensemble de costumes inspirés du cirque avec des couleurs chatoyantes qui semblent très réussis, mais qui passent très brièvement à l’écran.

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Puis c’est de nouveau Ali qui est mise en avant avec un costume qui ne la couvre pas beaucoup au début, et pas du tout à la fin de la chanson. C’est là que la limite entre le striptease et le burlesque est très mince à mon avis. Le costume de perles, blanc toujours, et encore une fois associé aux plumes est très réussi, mais tout est dans la suggestion, le “teasing”.

Ensuite vient la scène la plus connue du film : cet ensemble de danseuses en blanc et noir avec un body très osé pour Ali, qui laisse suggérer des formes de mains sur ces mains et ses fesses. Chaque danseuse du tableau représente un thème différent : une jupe piano pour l’une, une jupe en référence aux pompons des pompoms girl pour une autre et c’est un ensemble réussi qui ressort avec une allusion à une des scènes du film Cabaret grâce aux chaises.

La chorégraphie est synchronisée et chacun a un rôle et c’est à ce moment qu’Ali n’est plus la star, mais une partie d’un ensemble à proprement parler.

Dans un genre très différent et qui n’a plus rien à voir avec le burlesque, Ali fait le numéro suivant dans une magnifique robe verte (sous lequel elle porte probablement un corset), avec une fleur dans les cheveux : l’ensemble est délicat, floral, et s’assortit à la fragilité du discours de la chanson.

La scène finale est clairement un clin d’oeil aux débuts : le cabaret est de nouveau à flot et Ali peut enfin vivre pleinement son rêve de paillettes et de projecteurs. Toutes les filles sont à présent vêtues de manière identique (mais différentes) et on ressent l’entente globale qui a su aller au-delà des différents conflits internes. C’est le grand final aux allures de spectacle qui me rappelle pour ma part la scène du cinéma dans le film Annie.

 

Pour aller plus loin

A lire

Compléter votre médiathèque

  • Le film et sa bande originale
  • Chicago, dont j’ai parlé plus haut
  • Cabaret, un classique du genre, avec une véritable histoire de fond politique cette fois-ci.
  • Annie, dont j’ai également parlé plus haut.

Des patrons pour cosplayer (les patrons sont des inspirations ou bases qu’il faut modifier pour obtenir le costume final ; la liste est non exhaustive)

La parole est à vous :

  • Avez-vous aimé le film ?
  • Est-ce un univers qui vous attire ou au contraire le trouvez-vous exagéré ?
  • Connaissez-vous d’autres films dans ce genre ?
  • Avez-vous d’autres liens à donner concernant cet article ?

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