Aujourd’hui, partons en Amérique pour rentrer dans l’univers des superhéros masqués ancienne génération avec Le masque de Zorro, de Martin Campbell.

Le Synopsis

Un jeune voleur, consumé par son envie de vengeance va avoir l’occasion d’incarner son héros d’enfance, le légendaire Zorro.

Ma critique du film

Je n’ai jamais trop eu l’occasion de voir d’anciens films ou épisodes de Zorro, néanmoins le personnage est légendaire et sa réputation l’avait précédé au moment de la sortie de ce film en 1998. Le jeune Antonio Banderas apporte de la fraicheur au personnage, mais finalement ce qui est le plus réussi dans ce film c’est la relation entre l’ancien Zorro et le nouveau Zorro. L’humour est présent dans ce film et apporte de la légèreté à l’ensemble, tout en ne permettant pas d’oublier le fond, et en laissant suffisamment de place à l’héroïsme.

Ayant eu l’opportunité de revoir le film récemment, j’ai trouvé qu’il n’avait pas tellement vieilli en soi. Bien entendu, les acteurs étaient plus jeunes, et l’image n’était pas en 4K, mais finalement le fait que le film soit travaillé rend le tout assez moderne.

Je n’en dirai pas beaucoup plus ici, mais je recommande ce film, à la fois léger et héroïque, sans prétention.

 

Les costumes de Graciela Mazón

  • L’évolution de Zorro

La première image du film, celle qui met immédiatement dans l’ambiance, montre la silhouette de Zorro : chapeau, cape, épée, l’image semble déjà dire que Zorro est un état d’esprit. Paradoxalement, à contre-jour on ne voit pas encore son masque, qui est pourtant le titre du film.

Puis le film commence et au milieu de la foule, Zorro apparait. Dans un premier temps il est caché : déguisé en moine, dans une robe de bure dont la capuche cache son visage et son masque.

4

Mais lorsqu’il va sauver les hommes injustement condamnés à mort, il a déjà quitté sa robe pour une tenue plus confortable. Il est dans un ensemble noir d’apparence souple qui permet le mouvement, serré à la taille par une ceinture qui rappelle les costumes plus raffinés des “nobles” auxquels il appartient. Notons au passage qu’il a également retrouvé son chapeau.

7

Lorsqu’il affronte son ennemi, le noir du costume prend tout son sens, car c’est la sobriété du costume de Zorro qui l’éloigne de Don Rafael Montero, chargé, doré et riche. Bien que le peuple ne soit pas vêtu de noir, il est plutôt vêtu de couleurs unies et passées.

C’est en grand triomphe que Zorro s’en va après avoir accompli sa mission, dans un clin d’oeil aux représentations de Zorro au passage.

8

Mais tout superhéros est aussi un homme (ou une femme, mais ici il s’agit bien d’un homme) et Diego de la Vega rentre chez lui pour retrouver sa famille.

Bien que sa tenue comporte à présent une chemise blanche, l’ensemble reste simple. Il est évident que son statut lui importe peu.

11

Poursuivi par son ennemi, il perd tout en quelques minutes  : sa femme, sa fille et sa liberté. Nous le savons ce sont les épreuves qui forgent les héros et ici l’épreuve qu’il subit va l’amener plus tard à assouvir une vengeance.

14

Quelques années plus tard, nous retrouvons Alejandro Murrieta qui est passé de l’état de petit garçon admiratif à bandit de grand chemin.

Et si les aventures du premier Zorro ont été interrompues par une tragédie, la destinée de ce nouveau Zorro commence par une tragédie lorsque le frère d’Alejandro est exécuté sous ses yeux.

17

Succombant d’abord à l’appel de l’alcool, Alejandro fait la rencontre de Zorro, qui va l’aider à réellement assouvir sa vengeance.

Durant des mois (on peut le supposer) d’entraînement et d’observation, Alejandro se plie aux demandes de son mentor, quelles qu’elles soient. Petit à petit, son allure se transforme et il maîtrise plus ses mouvements. Au passage, et particulièrement après son bain, il devient plus propre, ses chemises sont plus claires, les couleurs qu’il porte plus franches.

Néanmoins, le jeune homme reste dans un état d’esprit impulsif où il convoite et lorsque les deux hommes repèrent un cheval qui lui plait, il prend sur lui d’aller le dérober.

Ici, sa chemise semble plus sombre que celles qu’il a portées jusque là. Et à défaut de mieux, il perce un foulard brodé de deux trous pour se faire un masque. Bien que cela ne semble pas choquer le personnage, il y a côté peu viril à l’image de Zorro qui porte des fleurs.

Lorsqu’il rentre, fier de lui, son costume est débraillé, sali et le personnage essoufflé, et son mentor lui retire violemment son masque, en lui faisant la morale.

3

Pour Diego, l’étape d’après est de s’infiltrer dans la maison du gouverneur afin d’assouvir leurs deux vengeances. À présent, le mentor prend l’apparence du serviteur et c’est Alejandro qui prend le dessus, puisqu’il n’est pas connu de leurs ennemis. Il rentre alors dans un autre monde. Bien que sa transformation soit déjà évidente jusque là, elle n’est complète qu’au moment où il réussit à se faire passer pour quelqu’un d’autre, et en particulier un noble.

Les costumes sont alors colorés, aux couleurs tranchées, et aux dorures nombreuses. Dans un sens, ils sont tous assortis aux décors.

Et ils s’opposent tous, dans leurs costumes sombres, à la misère et la poussière qu’ils vont voir dans les mines. À son visage, à son costume et à ses réactions, il est évident que le nouveau Zorro joue un rôle qui ne lui plait pas. Néanmoins le rôle est nécessaire et il le pousse jusqu’au bout.

12

C’est d’ailleurs toujours dans une tenue et une humeur sombre qu’il va voir son ennemi, tout en cherchant à ne rien laisser paraître de sa soif de vengeance.

15

Mais une fois la façade tombée, son désespoir est visible sur son visage est son costume alors qu’il est vêtu de blanc. Ici, il n’est pas encore Zorro, mais il comprend l’importance du rôle. Son costume blanc le montre comme ingénu.

Pour terminer, Alejandro va devenir le héros qu’est Zorro en revêtant cette fois-ci le costume complet : les bottes, la chemise, le pantalon, la ceinture, la cape et surtout le masque (dont il est dévident qu’il est travaillé) et le chapeau qui donne un aspect raffiné au tout.

C’est dans cette scène que les deux Zorro vont véritablement s’entraider et se passer le relais, et où Diego va finalement pouvoir assouvir sa vengeance. Diego est presque dans la même tenue que celle dans laquelle il a tout perdu.

  • Les femmes

Les femmes dans ce film ont évidemment un rôle prédominant, et comme Diego et Alejandro, c’est les générations qui font effet.

La femme de Diego, Esperanza, est présentée rapidement, car elle meurt également rapidement. Mais au passage, on peut remarquer son aspect calme, mélancolique, qui est illustré par une robe jaune pâle unie. C’est une couleur que nous n’avions pas vu avant cela dans le film et elle montre son côté unique.

Mais c’est évidemment son sacrifice qui va créer l’histoire. Et au moment où elle se jette entre les deux hommes, elle crée également le lien entre les deux par ce jaune qu’elle porte : il est pâle et rappelle la chemise de son mari, mais le jaune fait écho aux dorures de l’uniforme de Montero.

Quant à Elena, elle est immédiatement montrée comme plus colorée que sa mère : du rouge et du bleu. Mais évidemment c’est un enfant, et elle a une majorité de blanc sur elle.

Des années plus tard, nous la redécouvrons au débarquement de Montero. Ici aussi elle est étonnamment colorée et ressort parmi les hommes qui l’entourent.

22

On y retrouve dans des tons pastel les couleurs de son enfance, comme un rappel.

1

Mais dans la scène où elle rencontre Zorro pour la première fois, elle est en blanc, pour montrer son côté influençable. Elle est à l’opposé de Zorro, mais elle est pure et semble comprendre que son interlocuteur l’est aussi sous le masque.

C’est également le cas dans leur scène de combat où elle abandonne son déshabillé bleu pour être plus à l’aise pour se battre.

Après sa victoire, Zorro “débarrasse” Elena de ses vêtements, non seulement pour la montrer vulnérable, mais aussi pour lui retirer les symboles de son appartenance à Montero.

C’est également les cheveux défaits et dans une tenue majoritairement blanche qu’elle va commencer à comprendre la vérité lorsqu’elle rencontre sa nourrice au marché. La femme va lui offrir une écharpe, de la couleur de robe de sa mère.

6

À l’inverse, lorsqu’elle rencontre Alejandro, sa robe est chargée et son comportement gardé, emprunt de manières. Elle est coiffée, elle porte des bijoux, de la dentelle et des froufrous, tous ces éléments qui rappellent son appartenance. Et le rouge de sa robe fait écho à la cravate de son cavalier, de même que le blanc et la dentelle qu’ils portent tous deux.

Dans la scène où elle apprend la vérité, Elena est sombre : tout son passé est basé sur un mensonge et elle semble perdue. Elle n’est plus innocente et cherche à comprendre sa place.

21

Mais lorsqu’elle admet la vérité et va sauver son véritable père, elle s’est changée. Elle porte à présent une tenue à la fois plus complexe en terme de motifs, mais également plus simple en terme de couleur. Elle a découvert que la vie n’était pas que blanc et noir et porte majoritairement du gris.

C’est également un costume qui va la montrer plus proche du peuple qu’elle va sauver.

Pour finir, dans la scène finale, elle porte une robe fleurie assez complexe. Dans un sens, je trouve que c’est celle qui correspond le moins au personnage, car elle est trop complexe pour sa nouvelle vie. Néanmoins, je suppose qu’elle doit faire écho à sa nouvelle position qui consiste à dissimuler l’identité de Zorro.

30

  • Les “méchants”

Les méchants du film sont clairement identifiables par le scénario, mais également pas leurs costumes. Ce sont ceux qui ont les costumes les plus propres.

D’un côté nous avons Montero, toujours habillé avec des vêtements riches, quelles que soient les occasions.

De l’autre, nous avons Harrison Love, qui est toujours vêtu de son costume militaire, même en soirée.

Pour ce deuxième, il n’y a pas grand-chose à dire, si ce n’est qu’il est effectivement toujours propre sur lui, et que sa tenue a autant de retenue que son attitude.

Pour ce qui est de Montero, il alterne entre deux types de costumes. D’un côté il porte des tenues qui permettent de montrer son statut : gilet, chemise blanche, cravate, veste et le tout dans tes couleurs sombres et des tissus riches. Mais on peut tout de même remarquer que les tenues se sont assagies depuis la première scène. Les couleurs sont moins vives, les dorures ont disparu.

Et l’autre type de tenues qu’il porte est celui qui lui permettent de passer plus inaperçu et de modifier l’image de son personnage.

Dans les deux scènes, il cherche à dissimuler ses intentions. D’un côté réellement en se cachant, de l’autre en faisant paraître une fausse sincérité. Et dans le deuxième cas, il a mis une veste qui n’est pas sans rappeler la couleur de la terre, la couleur du peuple auquel il s’adresse.

  • Les militaires et le peuple

Les autres costumes du film sont moins visibles, mais très beaux pour autant.

Les militaires, soignés, et dans des couleurs qui ressortent, s’opposent au costume du peuple, patinés et dans des couleurs qui accentuent une impression de foule unie.

 

Pour aller plus loin :

Quelques articles à lire :

Compléter votre médiathèque :

La parole est à vous :

  • Qu’avez-vous pensé du film ?
  • Aviez-vous vu d’autres Zorro avant ?
  • Est-ce une bonne chose de reprendre les personnages qui avaient déjà un passé ou non ?
  • Avez-vous d’autres liens à donner concernant cet article ?

Dites-moi tout en commentaire …

Advertisements