Aujourd’hui, c’est vers l’humour que j’ai décidé de me tourner avec Iznogoud, un film de Patrick Braoudé.

Le Synopsis

Un vizir corrompu cherche à se débarrasser du calife pour prendre sa place. Tous ses plans échouent un par un jusqu’à ce que …

Ma critique du film

N’étant pas toujours une grande fan des films français, c’est toujours avec méfiance que j’en découvre un nouveau, mais je dois reconnaître que je suis parfois agréablement surprise.

Après le succès d’Astérix et Obélix Mission Cléopâtre, il n’était pas donc pas étonnant que d’autres films suivent dans la même veine les années suivantes. Iznogoud fait donc partie de ces films inspirés d’une BD, et qui sont plutôt réussis à l’écran.

Pour moi, la réussite vient d’un ensemble équilibré : des jeux de mots assez fins (parfois), des acteurs habitués de la comédie, et surtout des décors et costumes absolument magnifiques qui contextualisent.

Je trouve néanmoins quelques défauts à la réalisation, notamment, comme souvent en France, une exagération qui est trop présente.

Je conseille tout de même le film pour passer un bon moment de détente …

 

Les costumes de Mimi Lempicka

  • Les tableaux

Pour moi, l’impression de tableaux est la force principale de ce film. Ce que j’entends par tableau est le travail qui va dans le même sens entre les costumes et les décors, qui créent un ensemble cohérent.

Non seulement, les tableaux ont été travaillés chacun individuellement, mais également les uns avec les autres, tantôt pour créer des similarités, tantôt pour jouer sur les différences, tantôt les deux.

Je donnerais deux exemples. Nous avons d’un côté la cour du Calife Haroun, très colorée, brillante, chatoyante, et aux décors riches. Elle est immédiatement mise dans le film en opposition à la cour de Pullmankar, qui se situe dans le désert. Cette dernière est sèche, relativement monochrome au niveau des tissus et des costumes, et dans une ambiance beaucoup plus guerrière.

Le résultat est que la première scène donne une impression de confort, de douceur et de gentillesse, tandis que la deuxième donne une impression guerrière, qui va dans le sens de l’histoire (“Pullmankar le sanguinaire”).

5

6

Le deuxième exemple dont je parlerai est la comparaison entre la scène de danse o Haroun repère le papillon sur la danseuse et la scène où Iznogoud rêve qu’il est devenu calife.

La même opposition est visible dans une moindre mesure au mariage à la fin du film où les deux foules sont côte à côte.

Dans la première, les couleurs sont dans une gamme rose / violet, avec des tons soutenus adoucis par des tons pastels, le tout souligné par de l’or pour souligner les tailles et les têtes. Le tout donne une impression gracieuse, avec un usage de voiles et de tissus qui ont un tomber assez léger.

8

Dans la deuxième scène, l’accès est mis sur Iznogoud puisqu’il est en blanc et que la lumière ressort plus sur son costume, et l’entourage des danseuses est sombre, noir ou bleu, avec des tissus lourds, avec toujours quelques touches d’or mais peu éclairées.

11

Le résultat montre que les intentions du nouveau calife ne sont pas les mêmes que son prédécesseur et la scène est plus dynamique, moins tournée sur le côté gracieux.

  • Les choix de couleurs

Une partie importante de la réussite de ces tableaux est don évidemment aussi le choix des couleurs.

Tout au long du film, les couleurs sont vives, tranchées pour la cour d’Haroun et sèches, plus naturelles pour la cour de Pullmankar.

Si l’on regarde de plus près à l’intérieur de la cour du calife, les couleurs sont très variées et parfois tranchées.

Les trois conseillers du calife, par exemple, ont chacun un costume différent, mais similaire en couleurs. Et bien qu’ils tentent de se faire bien voir par leur monarque, il est évident qu’ils ne sont pas d’accord systématiquement avec lui, notamment parce que leurs couleurs ne sont pas dans des tons rosés comme celui-ci.

9

Dans les autres personnages identifiables dans les couleurs, nous trouvons le mage qu’Iznogoud consulte : il est habillé en noir, visiblement il est de mauvais augure.

Au contraire, l’assistant d’Iznogoud est vêtu comme son maître, mais moins couvert, plus naïf.

7

Les deux génies également sont intéressants. Dans leurs cas, le costume est très peu couvrant, et similaire pour les deux, mais ce sont leurs peaux qui sont colorées et les définissent comme non humains.

16

Quant à la fille de Pullmankar, bien que nous ne sachions pas au départ que ce soit elle, il est évident qu’elle n’est pas à sa place dans ce palais aux couleurs chatoyantes. Finalement, c’est son costume qui, avant tout, nous dévoile la supercherie.

21

Et quand, à la fin du film, elle décide de montrer son vrai visage et choisit le calife, elle n’est pas assortie à celui-ci, mais leurs couleurs ne sont pas opposées non plus. À noter que celui-ci n’est plus vêtu de rose, comme au début du film.

  • Le vizir et le calife

Dès le début du film, l’opposition entre Haroun et Iznogoud est évidente. L’un est fin et sournois, l’autre est fort et souriant.

2

Ils portent chacun un turban, chacun une sorte de cafetan par dessus une robe. Mais dans le cas d’Haroun, la robe est claire et le cafetan, assorti au turban, lumineux. Alors qu’Iznogoud a une robe sombre, vert (couleur de la trahison dans l’inconscient), avec un cafetan rouge, et son turban est un mélange des deux couleurs, qui sont pourtant complémentaires.

4

Par la suite, lorsqu’il pense avoir gagné, son costume devient vert et blanc. Le blanc est donc le symbole ici du pouvoir, et le vert est la couleur de sa véritable personnalité, qu’il avait des difficultés à cacher sous son manteau rouge dans la première partie.

10

Mais après son rêve, où il est habillé riche, il se réveille, réalisant que rien n’est arrivé et se retrouve démuni : il n’a plus que sa tunique.

12

Lorsqu’il découvre que le calife n’est pas mort, comme il le prétend, celui-ci est l’innocence même, dans sa réaction comme dans son costume. Quant à Iznogoud, il est revenu à sa tenue habituelle.

15

 

Pour conclure, bien que je n’ai pas détaillé tout le film, chaque scène a pour moi un intérêt esthétique particulier avec un travail de qualité.

Pour aller plus loin :

Quelques articles à lire :

Compléter votre médiathèque :

La parole est à vous :

  • Qu’avez-vous pensé du film ?
  • Aviez-vous lu les BD avant ? Si oui, pensez-vous que le personnage dans le film est fidèle au personnage historique ?
  • Que pensez-vous de ces films dans lesquels l’humour est prédominant ?
  • Avez-vous d’autres liens à donner concernant cet article ?

Dites-moi tout en commentaire …

Advertisements