Aujourd’hui, je reste encore une fois dans les comédies musicales, avec la première version de Roméo & Juliette, de la haine à l’amour, de Gérard Presgurvic.

Un peu d’histoire

Le spectacle musical sort en 2001, en même temps que Les Mille et Une Vies d’Ali Baba, mais également en même temps que Les Dix Commandements, peu de temps après le succès de Notre-Dame de Paris.

Avec un succès à peine moins fort que celui des Dix Commandements, Roméo & Juliette s’impose sur la scène française, puis internationale.

En 2010, le spectacle revient sur scène avec de nombreux changements dans les chanteurs, les décors, et la mise en scène, notamment. Cette nouvelle version change également de nom : Roméo & Juliette : les enfants de Vérone.

En 2016, une nouvelle version est à nouveau prévue, sous le même nom que celle de 2010, uniquement en Asie.

L’intrigue

Dans la belle ville de Vérone, les Montaigus et les Capulets, les deux familles les plus puissantes de la ville, s’affrontent depuis des générations. Peu concernés par ses querelles ancestrales, les jeunes Roméo et Juliette vont braver l’interdit et s’aiment malgré leurs parentés opposées.

18

Mais leurs familles, mettant la loyauté prioritaire par rapport à l’amour, ne comptent pas se laisser faire …

Ma critique du spectacle

Roméo & Juliette et la comédie musicale qui m’a fait découvrir le monde des comédies musicales sur scène. J’avais déjà eu l’occasion de voir des comédies musicales en film, mais force me fut d’admettre que la sensation était très différente sur scène.

À l’heure de mon adolescence, le charme de ses amoureux damnés, interprétés par les très séduisants Damien Sargue et Cécilia Cara, m’a clairement séduit.

Des années plus tard, il m’arrive encore de regarder ce spectacle que je trouve personnellement de qualité.

En revanche, j’ai cherché à regarder la version de 2010, également disponible en vidéo, et je n’ai pour ma part pas accroché. Surfant sur le succès de la première version, le remake est pour moi appauvri sur bien des points. Évidemment, l’affect du souvenir qui me lie à la première version n’aide pas, mais je ne pense pas qu’il s’agisse de la seule raison …

J’aimerais être surprise par la nouvelle version à venir, bien qu’il s’agisse d’une version qui se produira uniquement en Asie, et qu’il y a donc peu de chance que je puisse en voir une version. Mes espoirs sont notamment fondés autour du choix d’Alexis Loizon pour le rôle de Roméo. Cet artiste, que j’ai pour ma part découvert dans la Belle et la Bête (joué il y a deux ans au théâtre Mogador) est véritablement talentueux. Bien que j’ai du mal à l’imaginer dans le rôle du parfait romantique après sa superbe interprétation de Gaston, je pense qu’il a ce qu’il faut pour convaincre le public.

  • Les textes :

Si j’ai appris avec le recul à reconnaître que certaines paroles n’étaient pas parfaites (ce qu’il aurait été absolument impossible de me faire admettre à la sortie du spectacle), j’ai également appris à voir que Gérard Presgurvic avait joué les poètes des temps modernes, et cherché à inclure dans ses textes des considérations sur le monde.

L’éloignement total des textes de Shakespeare est au passage assez surprenant, puisque non content d’avoir modernisé le langage, l’auteur a également modifié le tempérament et le rôle de certains personnages, comme Tybalt, mais également supprimé ou inventé des personnages. C’est donc une interprétation assez libre de l’oeuvre originale.

  • Les chorégraphies :

Avec le recul que j’ai à présent, je dois dire que cette comédie musicale se distingue des autres de la même époque. Les chorégraphies sont assez simples, et comportent beaucoup de déplacements scéniques, plus que des pas de danse. J’aime ce côté simple de la mise en scène, pour ma part.

  • Les costumes :

Ce que je préfère finalement dans ce spectacle est le travail de Dominique Borg aux costumes.

Avec l’importance des deux familles dans la pièce, il était évident que les costumes devaient permettre une identification rapide des allégeances. Dans ce spectacle, c’est évident : des teintes roses et rouges pour les Capulets, des teintes bleutées pour les Montaigus. Mais au-delà de cette première approche très simple, j’ai particulièrement apprécié le fait que les couleurs jouaient avec les personnages, les rôles.

Les bleus sont tous différents, mais créent une harmonie, les rouges sont plus ou moins vifs ou assombris en fonction du rôle des personnages. Et la scène du bal est un mélange de bleu et de rouge pour éviter que la méprise de Juliette soit trop évidente : Roméo est alors masqué et déguisé avec une touche de violet.

Dans d’autres scènes également, les couleurs sont importantes :

  • Frère Laurent et les alchimistes sont en marron, dans des robes de bure : ils représentent le côté rationnel de la situation

23

  • Lors de leur mariage, Roméo et Juliette sont dans des couleurs claires, elle dans une robe chair, et lui en blanc, dans une couleur comprenant toutes les couleurs, car ils sont au-delà des querelles qui les séparent

24

  • À la mort des deux personnages, c’est le marron qui domine chez Roméo, car le côté blanc a été teinté par la vie et la réalisation que la réalité de leur famille est plus fort que tout, mais qu’il refuse tout de même de s’y soumettre.

30

Un des éléments qui m’a fait ne pas apprécier la nouvelle version du spectacle, et que toutes ces considérations que j’avais trouvé intéressantes n’existent plus. Les costumes semblent être choisis pour leurs brillances, plus que pour leur sens …

 

D’une manière générale, les costumes sont travaillés de nombreux détails qui donnent de loin une impression riche, et laisse comprendre que les matières sont de qualité : avec de nombreuses pièces en cuir, chaque costume a de la tenue, mais les soies et velours qui y sont confrontés aident à voir le mouvement.

  • Les décors :

J’ai également beaucoup aimé l’utilisation des décors dans le spectacle. De nombreux jeux avec des écrans de scène apportent de la profondeur, tandis que les deux étages permettent une séparation de la scène à différents niveaux. De nombreux éléments déployables permettent du mouvement dans les jeux de scène tandis que quelques accessoires suffisent à rendre le tout plus dynamique.

  • Les lumières :

Mais ces décors ne rendraient évidemment pas aussi bien sans la présence de lumière. Habituellement, les lumières sont surtout là pour attirer l’attention sur un point de la scène, ou faire ressortir des couleurs, etc. Ici les lumières jouent un rôle dans l’interprétation des scènes. Elles émettent des ambiances colorées qui accentuent les moments forts du spectacle.

En conclusion, je recommanderai ce spectacle pour sa poésie et le travail qui avait été effectué dessus, notamment d’un point de vue visuel, malgré un côté un peu kitsch qui est pour moi inévitable à cause du thème choisi.

Pour aller plus loin :

Quelques articles à lire :

Compléter votre médiathèque :

La parole est à vous :

  • Avez-vous vu à l’époque la comédie musicale ?
  • Avez-vous vu la nouvelle version, qu’en pensez-vous ?
  • Avez-vous des exemples de remake qui vous ont déçu par rapport à l’original ?
  • Avez-vous d’autres liens à donner concernant cet article ?

Dites-moi tout en commentaire …

Advertisements