Aujourd’hui, j’avais envie de parler d’un spectacle que j’ai vu au théâtre et que j’ai revu depuis de nombreuses fois en vidéo : il s’agit de la Grande Duchesse de Gérolstein, un opéra bouffe d’Offenbach, produit au théâtre du Châtelet.

Un peu d’histoire

La Grande Duchesse de Gérolstein est un opéra-bouffe de Jacques Offenbach, sur un livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy. Il a été présenté pour la première fois en 1867 au théâtre des Variétés à Paris, durant l’Exposition universelle. Malgré la dérision faite du pouvoir et des forces militaires dans la pièce, le travail d’Offenbach est bien accueilli par la noblesse, malgré quelques rectifications de la censure.

La pièce a été produite au Théâtre du Châtelet en 2004 sous la direction de Laurent Pelly. Dirigée par Marc Minkowski et avec les très talentueux Felicity Lott, Sandrine Piau et Yann Beuron, la pièce a eu un franc succès dans une version qui reprenait des morceaux censurés à l’époque de sa sortie. Un enregistrement sur scène a été réalisé.

3

L’histoire

Une grande-duchesse tyrannique et peu concernée par les affaires de son royaume tente d’utiliser son pouvoir et ses armées pour satisfaire ses passions personnelles …

Ma critique du spectacle

Si je ne connaissais pas l’histoire de la Grande Duchesse avant d’aller le voir au Châtelet en 2004, j’étais à l’époque déjà convaincue qu’Offenbach était un compositeur et un écrivain de génie. J’avais déjà pu voir La Vie Parisienne dans plusieurs productions et n’avais jamais été déçue. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que je me suis rendue au Châtelet ce jour-là. Et je dois dire que je n’ai absolument pas été déçue !

L’intégralité de la comédie musicale joue sur le ridicule d’une noblesse qui a des moyens, mais aucune idée de la réalité du monde. Les dirigeants sont dépeints comme des clowns individualistes et ratent complot sur complot. Un des points les plus importants étant bien entendu le comique.

 

  • Le comique :

 

Bien évidemment, Offenbach a introduit du comique dans ses textes, puisque c’était sa force majeure pour faire rire les populations qu’ils critiquaient. Ainsi, certains personnages sont particulièrement tournés en ridicule par leur manière de s’exprimer ou la lenteur de leur compréhension des situations.

23

Mais la force de ce spectacle réside principalement dans le fait que toute la mise-en-scène, les acteurs, les décors et même les costumes accentuent ce comique : le décor tordu, donnant volontairement l’aspect d’un château en carton qu’un enfant aurait pu faire, le manteau trop grand de la grande duchesse, qu’elle traîne derrière elle comme si elle l’avait emprunté à un adulte, les passoires et casseroles sur les têtes des soldats (et même de l’orchestre) qui rappellent des déguisements d’enfants, etc.

Mais cela n’aurait évidemment pas le même effet si le reste des costumes n’étaient pas travaillés de manière soignée pour rentre encore plus ridicules les détails. Tout est dans le détail.

  • Les costumes et coiffures :

Les costumes, comme je viens de le dire sont donc très réussis : on sent la richesse des matières, la réflexion dans le choix des couleurs et les détails, pensés aussi bien pour une vision de près qu’une vue d’ensemble.

Les personnages étant nombreux sur scènes, les costumes étaient d’ailleurs particulièrement importants pour l’identification des personnages. Les coiffures jouent également beaucoup dans le ridicule et l’identification.

7

La fiancée du soldat, par exemple, est habillée avec une petite robe courte légère et des coiffées de natte pour montrer sa jeunesse. Alors que la grande-duchesse elle-même porte des vêtements couvrants, longs et ornementés pour identifier immédiatement son statut.

On notera bien sûr la grande importance du côté militaire dans la pièce, et donc dans les costumes, avec des choix de détournement des codes du genre pour montrer qu’il ne faut pas prendre au sérieux l’ensemble.

 

  • Les accessoires :

Comme je l’ai dit, la qualité de ce spectacle réside beaucoup dans les détails, et de nombreux sont ajoutés dans ce spectacles, qui accompagnent les chanteurs dans leurs gestes.

Cela va de la fameuse gazette lue par le prince aux couteaux qui doivent assassiner le soldat, en passant par les sacs à main des dames de la cour alors qu’elles sont en tenues de soldat très féminines.

  • Les décors :

 

Les décors également sont particulièrement réussis, tout en restant assez simples, comme pour souligner le côté enfantin de l’ensemble. La scène joue énormément sur le sol pour créer de la profondeur, notamment en mettant véritablement les personnages dans des tranchées pour le premier acte.

Mais également, l’ouverture et le dernier acte sont travaillés de telle manière qu’ils utilisent les acteurs comme un décor, donnant dans les deux cas une impression de champ de bataille, alors même que les corps au sol sont inanimés uniquement à cause de l’alcool.

4

C’est d’ailleurs un comique de répétition qui rend cette dernière scène réussie, rappelant celle du début.

22

 

 

 

L’orchestre :

L’avantage du théâtre du Châtelet est qu’il s’agit d’un véritable théâtre, capable de faire aussi bien des comédies musicales que des opéras et qu’il est donc équipé pour cela. Par conséquent, tous les spectacles musicaux ont un orchestre présent, ce qui est clairement appréciable.

12

En conclusion, je recommande tout Offenbach, mais particulièrement ce spectacle si vous en avez l’occasion, même s’il est uniquement disponible en vidéo pour cette version.

Pour aller plus loin :

Quelques articles à lire :

Compléter votre médiathèque :

La parole est à vous :

  • Aviez-vous entendu parler de cette pièce d’Offenbach ?
  • Pensez-vous qu’il est réussi à répondre à la question : peut-on rire de tout ?
  • Avez-vous aimé le spectacle si vous l’avez vu ?
  • Avez-vous d’autres liens à donner concernant cet article ?

Dites-moi tout en commentaire …

Advertisements