Aujourd’hui, j’avais envie de changer et de parler d’un clip vidéo, celui de la chanson Le café, d’Oldelaf et Monsieur D, sur des images de l’EMCA (École des Métiers du Cinéma d’Animation).

L’histoire

Une chanson sur l’abus de café

Les costumes

Basée sur les paroles de la chanson qu’elle met en image, cette vidéo est à la fois efficace et divertissante.

Nous découvrons tout d’abord le personnage principal, fatigué et en pyjama, autour d’une tasse de café pour démarrer sa journée.

La nappe sur la table semble montrer un lieu propre et arrangé, tandis que son haut de pyjama s’accorde parfaitement à son environnement. La journée commence paisiblement.

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Prêt à partir, l’homme est interpelé par sa femme, en robe de chambre rose, à l’aspect duveteux. Le costume est clairement là pour insister sur le côté charmeur de la femme, et la non-envie de résister du mari.

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Notons que le décor est déjà passé en jaune, plus lumineux et moins calme que le vert du début.

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La couleur reste paisible, sobre et s’accorde avec la nouvelle tenue du mari, dans un manteau ocre, prêt à aller au travail avec sa sacoche assortie.

Malgré son délai, l’homme arrive tôt au travail, et a donc le temps de reprendre un café avant de commencer réellement sa journée.

Il est habillé de manière très classique dans une tenue de travail : pantalon noir et chaussures de ville, chemise blanche et cravate noire.

Au milieu de la matinée, ses cheveux sont un peu décoiffés, aussi dérangés que son bureau, mais tout rentre dans l’ordre au moment de la pause, lorsqu’il prend son 4e café de la journée.

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Sa secrétaire, qui arrive pour en lui proposer un autre “fort comme vous l’aimez”, a une tenue couleur café, marron foncé, comme si elle représentait la tentation du café en elle-même.

C’est à ce moment-là que le café commence à être montré comme une obligation sociale, un besoin de communication avec autrui.

Cela continue au restaurant où “Roger” se rend avec ses collègues.

Alors que les autres hommes sont dans des tenues noires, sobres et longues, allant avec leur démarche droite et simple, Roger montre des signes de stress et de trop-plein d’énergie dû à sa surconsommation de café.

Les collègues, tous similaires à lui au niveau de la chemise, insistent pour que Roger reprenne un café, continuant sa chute de cet homme dans une addiction au café.

Si la chanson est légère dans son ensemble et faite avec beaucoup d’humour, je ne peux m’empêcher d’imaginer un sous-entendu lié à la drogue, ou à l’alcool, avec leurs côtés sociaux forts, et qui peuvent changer les comportements des consommateurs radicalement. Je ne sais pas si la référence était intentionnelle, mais en tout cas l’analogie est facile à faire.

Sur cette scène, la vie de cet homme bascule, et il passe d’un père de famille sage, et qui travaille de manière sérieuse est calme, à un homme fou, hystérique et paranoïaque, qui tombe dans l’addiction du café. Petit à petit sa posture se transforme ainsi que son aspect extérieur. Au-delà des mimiques qu’il fait et qui contribue à son air fou, ses cheveux se décoiffent de plus en plus, au point de donner le sentiment que le docteur Jeckyll est devenu Mister Hide, et sa tenue se transforme aussi petit à petit. Sa chemise sort de son pantalon, celui-ci se déchire, et sa cravate se tord pour accentuer le côté tordu de sa nouvelle posture.

Arrivé au travail, son assistante l’accueille de manière un peu sèche, bien que partant d’un bon sentiment et il prend immédiatement cela comme une agression. C’est donc la première à mourir.

Notons au passage que le décor se dégrade petit à petit, commençant à laisser transparaître des taches de café.

Dans le métro, à la station “Arabica”, station couverte de tâches de café, et devant une affiche du groupe, une gentille dame demande à Roger s’il a l’heure. Elle est vêtue d’une tenue verte à fleur, rappelant le pyjama de cet homme et le décor de chez lui. Pour moi elle représente la gentillesse et la sécurité … et ne fera pas long feu.

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Rentré chez lui, nous pouvons voir que sa tenue semble de pire en pire et que le décor ne fait que s’empirer. Au centre de la cuisine, la cafetière l’appelle, démesurément grande.

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Roger est interpelé par son fils, un petit garçon principalement vêtu de vert, comme lui-même l’était le matin. Le garçon cherche à attirer l’attention de son père avec des bonnes nouvelles, en l’attrapant par la chemise. Ce qu’il est amusant de remarquer est que les trois interruptions de l’après-midi de Roger sont de plus en plus innocentes, et sa réaction de plus en plus démesurée.

Sa nouvelle addiction lui empêche tout rapport avec sa propre famille, comble de sa journée.

S’enfermant dans la cuisine, il dit y passer 14 jours, et on remarque derrière lui une perfusion de café, donnant étrangement à sa chemise un aspect médical.

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Pour terminer, la police cherche à interpeler Roger, double meurtrier sous l’emprise de cette “drogue” et c’est finalement des forces spéciales qui s’introduisent dans la cuisine, pour le découvrir gisant par terre.

Sa femme est présente, dans une tenue similaire à celle du début, mais plus terne, plus triste et son visage confirme cette impression.

Dans la cuisine, il ne reste de Roger que ses yeux et son costume : pantalon, chemise et cravate, ainsi qu’une tasse de café, sur un sol où les taches de café font également penser à des taches de sang.

Il n’y a plus de vert sur lui dans cette scène et sa chemise n’a plus rien de blanc.

Si je ne suis pas sûre que l’analogie à la drogue soit voulue, je trouve néanmoins ce clip (et cette chanson) au passage absolument réussi et je les recommande chaudement !

La parole est à vous :

  • Connaissiez-vous ce clip ou cette chanson ?
  • Pensez-vous que l’analogie aux addictions de manière globale est voulue ?
  • Que pensez-vous des costumes de cette vidéo ?
  • Avez-vous d’autres liens à donner concernant cet article ?

Dites-moi tout en commentaire …

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