Aujourd’hui, parlons de costumes dans un tableau, avec une oeuvre d’Edgar Degas, Le foyer de la danse.

Le tableau

Edgar Degas est un artiste de la deuxième moitié du XIXe siècle. Il a produit de nombreuses peintures, mais s’est également attaché à la sculpture, la gravure et la photographie. Son oeuvre est classée dans les mouvements naturalistes, et impressionnistes français, bien qu’il n’ait pas adopté toutes les caractéristiques de ces deux mouvements, malgré le fait qu’il ait fait partie des fondateurs du second.

Le foyer de la danse est une oeuvre de 1872, représentant des danseuses en répétition dans le très célèbre foyer de la danse de l’opéra Garnier.

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J’ai choisi ce tableau, car il est pour moi représentatif des oeuvres de danse de Degas, et il touche le milieu du spectacle puisque non content de figer une époque de costumes dans le tableau, ici le peintre a montré une époque de costumes de scène, ce qui est finalement assez rare.

Les détails

Le centre de la toile est assez vide, puisqu’il s’agit d’une salle de répétition, où les danseuses s’échauffent et s’élancent chacune leur tour. Pour le moment, aucune danseuse n’est au centre, en train de danser, néanmoins la danseuse sur la gauche, au premier plan, est sur le point de s’élancer.

 

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Nous pouvons le voir puisqu’elle semble penchée en avant, comme dans le début d’un mouvement. Un autre indice est qu’elle semble observée par le groupe à droite du tableau, qui attend visiblement quelque chose.

C’est cette danseuse qui donne le mouvement à scène.

Vêtue comme les autres danseuses d’un long tutu blanc, elle porte des pointes aux pieds et son dos et son cou sont ornementés de rubans noirs. C’est la seule qui porte une couleur si foncée parmi les danseuses, ce qui a pour effet d’accentuer son importance, et de confirmer le lien avec le groupe à droite, puisque les hommes sont eux-mêmes vêtus de couleurs sombres.

Sur la chaise à droite, nous pouvons voir du tissu blanc, sans doute un mouchoir ou des gants, ainsi qu’un éventail, dont les jeunes femmes se servaient probablement pour se rafraichir entre deux passages.

Derrière la danseuse principale, nous pouvons voir quatre jeunes femmes.

La première est de l’autre côté de la porte, dans le couleur, créant de la vie à l’extérieur du tableau, et pas uniquement dans la pièce.

Les trois autres sont à la barre, travaillant ou attendant leur tour.

Notons au passage que la barre est présente sur le tableau, mais suggérée : elle n’a pas d’ombre, et il ne s’agit que d’un simple trait rouge. C’est la danseuse avec le pied posé dessus qui permet d’identifier ce trait comme étant la barre de travail.

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Les deux jeunes femmes que nous voyons le mieux sont habillées de la même manière que la première, leurs rubans sont simplement de couleurs différentes.

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Le groupe central, qui observe et semble commenter le travail de la danseuse, est composé de deux hommes et 4 femmes.

Le premier homme que nous voyons est sans doute le chorégraphe, actif, un bâton à la main pour marquer le rythme, est vêtu de blanc, comme pour s’accorder aux danseuses.

Le second observe : il est assis, plus passif et dans un costume plus sombre, qui s’accorde moins à l’ensemble du corps de ballet.

Les quatre femmes sont calmes et observent, mais ne semblent participer. Trois portent des tous de cou noirs comme la danseuse principale, comme pour lui ressembler, mais pour autant elles ne semblent pas avoir le noeud correspondant.

L’une d’elle est sur les pointes, comme pour montrer son impatience d’aller elle-même s’exercer.

Derrière le groupe, deux autres danseuses tournent le dos au spectateur, encore une fois pour montrer qu’il y a une vie en dehors de la salle.

C’est également l’impression que donnent les trois danseuses que nous devinons dans le miroir, plus floues sur la gauche du groupe. Elles donnent le sentiment au spectateur qu’il est dans la salle et participe à la scène.

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La dernière danseuse est assise, dans une position plus avachie que les autres. Elle observe également, mais ne semble pas prête à danser elle-même. Elle est sur une chaise, qui nous est cachée par son jupon, relevé à l’arrière. Ce personnage ajoute un côté plus humain et moins posé à la scène, comme si la danseuse ne savait pas qu’elle était observée.

Pour conclure, ce tableau est poétique dans sa réalisation, qui laisse comprendre les tissus à travers les lumières et les touches du pinceau, mais également parce qu’il donne le sentiment d’être entré dans l’intimité de cette salle de répétition, autant qu’une photo pourrait le faire à l’heure actuelle.

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