Aujourd’hui, j’avais envie de découvrir avec vous un clip du chanteur Woodkid (aka Yoann Lemoine), Run Boy Run.

Pourquoi ce clip ?

J’aime beaucoup me laisser emporter par les suggestions YouTube pour découvrir de nouvelles choses, de nouveaux artistes et des vidéos que je n’aurais pas été chercher de moi-même. C’est de cette manière que je suis tombée sur cette vidéo, et cet artiste.

Ce qui m’a immédiatement plu ici est évidemment l’aspect visuel du clip, travaillé en noir et blanc, principalement de profil, avec des costumes et des décors qui appellent à l’imagination.

Le texte de la chanson semble également en accord avec les images et soutiens le discours du clip.

Je trouve que l’ensemble du clip raconte une histoire, suffisamment précise pour se sentir concerné, mais suffisamment vague pour que chacun puisse y ajouter son interprétation. C’est là finalement la réussite de ce clip qui suggère sans dire, et qui nous ramène à notre propre imagination d’enfant, alors que tout est possible.

Les costumes

Le clip comporte peu de personnages, et les costumes sont donc assez peu nombreux, néanmoins ce sont eux qui, pour moi, participent à l’univers, avant toute chose.

Au début, après un décor très froid et blanc, vu de telle manière que l’on comprend son côté imposant, nous découvrons le personnage principal : un petit garçon.

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Nous comprenons immédiatement qu’il s’agit d’un écolier, grâce à son cartable en cuir, et à sa tenue soignée, veste et short, chaussettes blanches dans des chaussures de ville. Son costume lui donne une apparence un peu ancienne, comme un petit garçon qui sortirait d’une chanson d’Yves Duteil plutôt qu’un jeune de nos jours. Cela est confirmé par le côté ancien du cartable qu’il a sur le dos, et le côté uniforme de son costume.

Une grande importance dans le clip est attribuée au ressenti du spectateur selon moi. Et L’identification au petit garçon se fait notamment par les gros plans sur lui et son costume. Nous pouvons voir la matière, comme si nous étions assez près pour la toucher, et les gros plans sur ces pieds nous donnent le ressenti de la course.

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Une autre partie qui va nous aider à nous identifier au petit garçon, est sa chute : le fait qu’il ne soit pas invulnérable, qu’il puisse tomber, même dans son imagination, montre également qu’il est humain, mais qu’il se relève.

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Nous noterons au passage le fait qu’il se salisse et que son physique soit donc affecté par ce rêve.

Au début du clip, le petit garçon pleure en courant. Nous sentons sa peur. Le fait qu’il tombe et qu’il se fasse mal renforce l’empathie du spectateur à son égard : nous avons peur avec lui qu’il se fasse rattraper.

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Puis des créatures arrivent et immédiatement l’imaginaire du spectateur imagine que ce sont des monstres qui le poursuivent. Ils sont vêtus de costumes aux allures de terre et de mousse, avec des cornes d’animaux. Ils ont un côté informe et sont cachés sous des masques. Le costume les rend assez effrayants.

Néanmoins, l’imaginaire d’un enfant n’est pas rationnel, et un petit garçon ne sera pas forcément étonné ou effrayé par les mêmes choses qu’un adulte. Ainsi, le premier “monstre” qui rattrape le garçon l’aide à se remettre sur pied et à avancer plus vite. Il lui fournit même une épée pour combattre.

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Et finalement ce sont ces créatures qui surgissent de terre qui vont l’accompagner jusqu’au bout et l’aider à se sentir plus fort.

Après cette réalisation que les créatures lui viennent en aide plutôt que de l’attaquer, le spectateur cherche donc la menace. Et finalement, la seule vraie menace est le bâtiment que nous avons vu au début. Le petit garçon fait donc appel à la nature pour combattre ce monde froid et effrayant des adultes.

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Au fur et à mesure de sa course, le jeune garçon se transforme. Moralement, nous pouvons voir qu’il est plus positif : il ne pleure plus, il sourit même et plutôt que de fuir ce qu’il y a derrière lui, il bondit vers l’avant et l’avenir devant lui.

Physiquement, il s’équipe : en plus de l’épée qu’on lui a donnée, il porte à présent un bouclier et un casque qui le ramènent dans un registre de Vikking.

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Pour terminer, c’est en vainqueur et bien entouré que nous quittons le jeune homme qui part en guerre, avec son armée naturelle et un bateau volant dans les airs.

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Comme un voyage initiatique, il a finalement trouvé le courage de regarder en face le monde qu’il fuyait à l’origine : le monde froid des adultes.

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Regardez le clip ici

La parole est à vous :

  • Connaissiez-vous ce clip ou ce chanteur ?
  • Quel est l’adjectif le plus approprié pour décrire ce clip ?
  • Que pensez-vous des costumes et décors de cette vidéo ?
  • Avez-vous d’autres liens à donner concernant cet article ?

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