Voilà un article auquel je réfléchis depuis le début de ce blog. Mais il m’a fallu du temps pour rassembler les conseils que je voulais donner et être sûre de ne pas en oublier.

Après m’être fait avoir un certain nombre de fois sur certains points, j’ai pris des habitudes lorsque je me lance dans un projet. Cet article est donc le retour d’expérience de ces habitudes que je vous conseille. J’espère que ces conseils pourront vous être utiles.

Cet article donnera sûrement lieu à des suites, car aujourd’hui, je ne parle que de la partie préparation avant de commencer une réalisation en couture. Ces conseils sont valables pour n’importe quelle confection, qu’il s’agisse d’un vêtement, d’un costume, d’un cosplay ou d’accessoires (rideaux, sacs, etc.)

Des milliers de projets en tête

Si vous êtes comme moi, j’ai toujours des centaines (voire plus) d’idées en tête. Et au moment, de commencer quelque chose, il faut bien choisir … mais laquelle ?

Si c’est un premier projet en couture que vous tentez de faire, ne soyez pas trop ambitieux. La couture est quelque chose de long et parfois décourageant : choisissez du simple. Et ce qui est le plus long en général est la finition : trouvez un projet qui n’en comporte pas trop (ou pas à la main), vous trouverez ça plus valorisant.

Si ce n’est pas votre premier projet, le choix est plus complexe. Avez-vous la possibilité (ou le besoin) de vous fixer une deadline pour un de vos projets (une occasion où vous souhaiteriez porter le vêtement, par exemple), qui peut vous aider dans votre motivation ?

Vous voulez faire un cosplay ? Prenez un personnage qui vous tient particulièrement à coeur. Vous allez y passer du temps : il faut que vous teniez à réussir.

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Une autre technique que j’applique souvent pour ma part : ne pas choisir définitivement ! Ça ne semble pas productif en soi, mais vous allez comprendre : en réalité, je me fixe sur 3 ou 4 possibilités, et c’est au moment de trouver les tissus que je détermine. En fonction des saisons ou des modes, vous ne trouverez pas les mêmes tissus, ou les mêmes accessoires en magasins ou sur les marchés. Le fait de ne déterminer son objectif qu’une fois sur place permet de ne pas se fixer un objectif irréalisable. C’est particulièrement vrai en cosplay où il vous faut LE bon tissu, dans la bonne couleur pour être satisfait.

Néanmoins, je dois bien avouer que cette méthode a ses faiblesses : il m’est également arrivé de repartir avec les matériaux pour les 3 ou 4 projets d’un coup.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

À moins de vouloir faire une création trèèèès originale avec des lignes de coutures qui dessinent un motif, vous avez toujours la possibilité de trouver un patron qui soit à peu près ressemblant à ce que vous voulez faire. C’est une bonne base. Partir d’un patron tout fait vous permet souvent d’éviter un certain nombre d’erreurs, surtout si les bases de la coupe ou du moulage ne sont pas votre point fort.

Et je m’adresse évidemment aux débutants, mais pas uniquement ; j’applique toujours ce conseil.

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Les fabricants de patrons s’adressent à tous les niveaux de couturiers, avec tous types de patrons, des accessoires aux vêtements les plus complexes. Pourquoi réinventer la roue si elle a déjà été faite ? De pus, vous avez des instructions de couture à l’intérieur pour savoir dans quel ordre faire quoi.

Si vous ne trouvez pas exactement le bon patron, sachez qu’il existe de nombreux livres qui expliquent comment adapter votre patron pour transformer son rendu. J’avais parlé des livres Pattern Magic ici, mais ce ne sont pas les seuls.

À la louche, ça fait combien ?

Il est temps à présent de déterminer les fournitures nécessaires à votre projet.

Sachez que les patrons précisent toujours à l’arrière de la pochette la quantité de tissu à prévoir, de quel type de fournitures allez-vous avoir besoin, etc.

Pour aider à décrypter ces inscriptions : sont toujours précisées les largeurs de tissus (et donc des longueurs de tissus différentes en fonction de la largeur) ; la plupart des tissus du commerce sont actuellement en 140 cm (à plus ou moins 5 cm), mais d’autres longueurs existent et sont encore utilisées, notamment pour les doublures qui sont moins larges, ou encore pour l’ameublement qui sont beaucoup plus larges (les tissus sont souvent pliés en deux sur le rouleau).

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En choisissant votre tissu, il faudra faire attention également à trois choses :

  • Si votre tissu a un sens (comme un velours par exemple, qui a le poil dans un sens), prenez plus de tissu, car vous ne pourrez pas gagner de la place en mettant les pièces en quinconce.
  • Si vous voulez un raccord de motif, c’est encore pire et il va falloir prendre beaucoup plus de tissu, car vous ne pourrez pas placer les pièces aussi simplement que si le motif n’était pas important. Et la quantité à prendre en plus dépendra alors de la largeur du motif.
  • Regardez toujours les bords du tissu que vous choisissez : dans certains cas il y a 15 cm qui ne sont pas utilisables au bord : il faut donc ajouter encore quelques mètres.

3cm de plus ou de moins ?

Je sais que le tissu a un coût, les fournitures en mercerie également, mais un conseil tout de même : arrondissez les chiffres à l’excès. La couture n’est pas une science exacte, surtout en amateur, et vous n’êtes pas à l’abri d’avoir une surprise : un mauvais calcul au départ, un fer laissé un peu trop longtemps sur le tissu, un coup de ciseau maladroit, etc. Prévoyez toujours de la marge.

Ca gratte ce tissu !

Vous avez trouvé les quantités de tissu qu’il vous faut pour votre vêtement ou votre accessoire, mais avez-vous pensé à la doublure ? Une doublure est un bon moyen de cacher les coutures sans avoir besoin de faire des finitions trop complexes, de rallonger la durée de vie de la pièce fabriquée, ou même d’ajouter une touche de couleur sympathique dans le cas d’un sac, d’un rideau ou d’un manteau, par exemple.

Également, cela vous permettra d’être plus libre dans le choix du tissu extérieur puisque vous saurez, particulièrement dans le cas d’un vêtement, que vous en aurez un autre contre la peau. Cela permet notamment de prendre un beau tissu synthétique pour l’extérieur d’une robe, tout en n’ayant pas peur de transpirer grâce à une doublure en coton.

Ici j’ajouterai également une petite parenthèse sur les entoilages : si certaines pièces, comme un col de chemise par exemple) doivent avoir un peu de tenue, c’est un entoilage qu’il vous faut. La plupart sont thermocollants, mais d’autres existent également. Renseignez-vous pour trouver le plus adapté à votre projet !

Ça ferme comment, ce bazar  ?

Un autre point important lorsqu’on réfléchit aux fournitures est évidemment les fermetures. Alors, bien sûr, vous pouvez choisir que votre tenue soit à usage unique et la coudre sur vous … mais ce n’est pas des plus pratique.

Dans la plupart des cas, vous allez avoir besoin de prévoir une ouverture/fermeture : il en existe beaucoup et chacune à ses contraintes :

  • La fermeture éclair est souvent la solution la plus simple. Il faudra calculer sur vous avant de partir la longueur nécessaire. Et sachez que dans les merceries, il est rarement possible d’acheter la longueur dont vous avez besoin au millimètre près. Il faudra souvent arrondir à 2 ou 3 cm. Il existe des fermetures invisibles ou non : à vous de réfléchir si l’endroit où vous la mettez est visible de l’extérieur.
  • Les boutons : pratiques sur la fermeture est à un endroit accessible, les boutons permettent un habillage et un déshabillage assez rapide, sans être trop durs à mettre. En revanche, vérifiez avant que votre machine permette de faire des boutonnières, ou prévoyez beaucoup de temps (y compris de temps d’entraînement) pour les faire à la main. Prévoyez un bouton tous les 5 cm pour un devant de chemise par exemple.

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  • Les pressions sont également une bonne solution. Prenez-en des solides (la marque Prym est très bien, par exemple), car vous allez forcément tirer beaucoup dessus. Il parait que les mieux sont ceux à coudre (je n’ai personnellement jamais utilisé les autres), mais prévoyez beaucoup de temps pour les poser. Prévoyez une pression tous les 3 cm environ pour fermer le dos d’une robe par exemple. Attention, les pressions de qualité sont assez chères …

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  • Les oeillets ou fermetures lacées : elles nécessitent souvent une baleine pour maintenir le bord stable et éviter les “bourrelets” du tissu. Pensez également à prévoir le lacet. Et si vous voulez éviter de repasser dans chaque trou à chaque fois, il faut prévoir beaucoup plus de lacet que n’en demanderait le laçage fermé. Prévoyez un oeillet tous les 2 à 3 cm pour un corset par exemple (et n’oubliez pas qu’il y a deux côtés, donc les quantités sont à multiplier par deux !)

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  • Les agrafes, pour être efficaces, doivent être très proches les unes des autres (sauf dans le cas où vous choisissez l’option de ne mettre qu’une seule grosse agrafe, pour une cape ou un manteau par exemple), il vous en faudra donc beaucoup, et beaucoup de temps pour les poser. Un conseil pour les paresseux et si vous avez de grandes longueurs à coudre : il existe des bandes d’agrafes à poser à la machine … beaucoup plus rapide donc. Prévoyez une agrafe tous les centimètres environ.

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Mince, j’ai oublié le petit bout de fil ici !

Après avoir réfléchi au patron, aux tissus, et aux fermetures, il faut vous demander ce qu’il vous faut d’autre : biais, rubans, fils de la bonne couleur, perles à broder, galons pour la décoration, etc.

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Et même pour aller plus loin, réfléchissez aux fournitures qui s’usent : avez-vous assez de canettes pour votre machine ? Avez-vous besoin d’aiguilles ? De l’huile pour machine ? Combien de bobines de fil ? Des craies pour tracer ? Des papiers carbones pour recopier ?

C’est pas parfaitement ça que je voulais …

De nombreuses boutiques vendent des tissus, et vous en trouverez à tous les prix, donc n’hésitez pas à fouiller si vous avez une idée précise en tête. Vous serez surpris de ce que vous pouvez réussir à dénicher en faisant ne serait-ce que 3 ou 4 boutiques différentes.

Vous connaissez sans doute l’incontournable Marché Saint-Pierre au pied de Montmartre, mais ce n’est pas le seul endroit où il est possible d’acheter des tissus :

  • J’ai découvert dans le 91 un merveilleux marché : c’est le marché des Tarterêts à Corbeil-Essonnes, qui a lieu le samedi matin (le mercredi aussi, mais avec beaucoup moins de choix) et regorge de tissus. Attention, il faut avoir un oeil critique, car tout n’est pas de bonne qualité. Sauf exception, les tissus peuvent se trouver entre 1 et 2€ le mètre : je commence toujours par là.
  • Quitte à être loin en banlieue, vous avez non loin de là le magasin EuroTissus, situé sur la zone commerciale de Villabé. Les tissus sont évidemment plus cher qu’au marché, mais toujours de qualité et les vendeurs sont de bons conseils. Autre avantage, les tissus sont suivis : c’est à dire que vous pourrez y revenir la semaine suivante et ils devraient encore en avoir, surtout si vous leur avez demandé et qu’ils vous l’ont dit.
  • Revenons plus vers Paris avec la perle des merceries : Fil2000. Située rue Réaumur, cette mercerie microscopique est la plus intéressante de Paris selon moi. Le choix est énorme malgré la taille de la boutique et les prix sont particulièrement attractifs. Vous y trouverez des boutons aux baleines en passant par les rubans (toutes tailles) les biais, et même les entoilages et les doublures.

C’était quoi la couleur déjà ?

Ayez TOUJOURS sur vous un référentiel de ce que vous voulez faire : votre patron, une image du costume, ou des échantillons de tissus (si vous en avez déjà achetés certains). Vous aurez de mauvaises surprises si vous ne vous basez que sur votre instinct de couleurs.

Ca tombe (presque) juste …

Si vous faites un vêtement, et encore plus si vous vous lancez dans une forme complexe, n’hésitez pas à faire une toile auparavant. La toile est en général un tissu beige en coton qui ne coûte pas grand-chose et dans lequel vous allez couper une première fois votre patron pour vérifier que tout va en l’essayant. Pas de finitions sur une toile : c’est juste un essai. Mais croyez-moi, c’est utile !

Et lancez-vous !

C’est tout pour cet article. J’espère avoir pu en aider certains.

La parole est à vous :

  • Vous êtes-vous déjà lancé dans la couture ?
  • Avez-vous d’autres conseils de préparation que j’aurais oubliés ?
  • Avez-vous des liens à donner concernant cet article ?